La loi sur la « liberté religieuse » nationalisant les églises et biens immobliers de l’Église orthodoxe au Monténégro a été adoptée par le parlement monténégrin le 27 décembre à 2h30 du matin, après que les députés de l’opposition aient été expulsés de l’hémicycle par la police.

Au cours du meeting de protestation qui a eu lieu durant la nuit sur le pont de Djudjervića Tara, dans le nord du Monténégro, l’évêque de Dioclée Méthode a été battu par la police.

De son côté l’évêque de Budimlja-Nikšić Joannice, qui se trouvait aux côtés des manifestants à Podgorica, a déclaré cette nuit : « Tout d’abord, je souhaite remercier notre honorable peuple qui a soutenu son Église, et qui non seulement fréquente régulièrement les offices et est venu vénérer les reliques de S. Basile, mais a persévéré jusqu’à la fin dans ce combat légitime contre l’injustice et ce dignement, exprimant chrétiennement jusqu’à la fin son désaccord.

Nous pouvons dire, peu importe qu’ils l’aient adopté, la loi a déjà échoué, c’est lettre morte sur le papier. Grand bien leur en fasse, mais nulle part dans le monde une loi sur la liberté religieuse a été adoptée de cette façon » « Nous nous organiserons.

Dans toutes les régions, toutes les villes et tous les villages, nous formerons des comités et des fraternités pour défendre nos lieux saints. Nous ne pouvons permettre que les églises que nos ancêtres ont consacrées à Dieu soient profanées et tombent aux mains des sans-Dieu, il n’en sera pas ainsi », a conclu l’évêque Joannice. Suite à l’adoption de la loi, le diocèse métropolitain du Monténégro a publié le communiqué officiel suivant :

« Le parlement du Monténégro, dans la nuit du 26 au 27 décembre 2019, a adopté la loi discriminatoire et inconstitutionnelle sur la liberté de religion ou de conviction et sur le statut juridique des communautés religieuses, après avoir préalablement rejeté trois amendements soumis par la Métropole du Monténégro et du Littoral par l’intermédiaire des députés du Front démocratique. Les amendements avaient été préalablement rejetés par le gouvernement du Monténégro lors de sa session extraordinaire. Le diocèse métropolitain du Monténégro et les autres diocèses de l’Église orthodoxe serbe [au Monténégro, ndt] avaient formulé encore une série d’objections au projet de loi, auxquelles il n’a jamais été répondu, dont trois de ces objections seulement avaient été proposées hier soir, par souci de paix et de fraternité. Les amendements proposés constituaient le « minimum minimorum » qui était offert par l’Église au gouvernement et au parlement, afin de contribuer à l’apaisement des tensions dans la société et prévenir les lourdes conséquences qui peuvent résulter de l’adoption d’une telle loi.

L’amendement aux articles 62, 63 et 64, qui étaient les plus problématiques, disposait : « Les articles 62, 63 et 64 sont supprimés et remplacés par un nouvel article 62 qui dispose : ‘Les litiges afférant aux droits immobiliers entre le Monténégro et les communautés religieuses relativement aux objets religieux et terrains qui dont l’origine est antérieure au 1er décembre 1918 peuvent être exclusivement réglés devant les tribunaux compétents au cours de procédures conformes aux traités internationaux ratifiés, à la Constitution du Monténégro, à la loi sur les droits de propriété, la loi sur l’arpentage national et le cadastre immobilier et les autres règlements y relatifs. Les procédures seront menées au nom du Monténégro par le protecteurs des intérêts légaux et des biens immobiliers du Monténégro ». Le régime monténégrin, par le rejet de cet amendement, qui constituait une issue honorable pour tous dans cette triste affaire, a en fait refusé que soient traités les questions immobilières devant les tribunaux de ce pays dans le cadre d’actions ordinaires, et ce conformément aux recommandations de la Commission de Venise.

De cette façon sont confirmés les doutes de notre Église, à savoir que cette loi avant et au-dessus de tout était promulguée, non pour assurer la liberté religieuse, mais pour procéder à la saisie des biens de l’Église orthodoxe, et donc pour commencer la réalisation du programme du parti au pouvoir, qui a été proclamé par le président dudit parti et du Monténégro – la création/rétablissement d’une « Église orthodoxe autocéphale du Monténégro », nouvelle, étatique, semblable et obéissante au régime.

Toute la responsabilité de la promulgation d’une telle loi repose directement sur les députés qui ont voté son adoption, sur le gouvernement du Monténégro qui l’a proposée, et Milo Djukanović, président du Monténégro, provoquant, en particulier l’arrestation des députés de l’opposition et la violence à l’égard des citoyens rassemblés dans tout notre pays, une division et une haine jamais vues, menant le Monténégro dans une situation qui ne peut apporter du bien à personne. À cause de tout cela, les fidèles orthodoxes au Monténégro vont connaître l’un des Noëls les plus tristes dans l’histoire récente ».
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Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 28 Décembre 2019 à 10:37 | 5 commentaires | Permalien



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