Lituanie 1941 - Ivan Tatarintsev  et ses compagnons
Vers l’année 1920, Ivan Efimovitch Tatrintsev terminait ses études de droit à l’université de Kovno en Lituanie et, après avoir prêté serment, s’inscrivait au barreau. Plus tard, il devint président de l’Union nationale russe de Lituanie.

A partir de l’année 1920 il devint membre du Conseil épiscopal de l’Eglise orthodoxe de Lituanie dont il fut plus tard le jurisconsulte. Tatarintsev se distinguait par sa profonde piété et par sa fidèle présence à tous les offices les dimanches et jours de fête.

Le 15 juin 1940, les bolcheviks envahissaient la Lituanie. Un mois ne s’était pas écoulé que, déjà, une abjecte terreur régnait sur tout le pays. Le 12 juillet, on comptait d’innombrables arrestations parmi les russes émigrés et les anciens officiers. Cette première vague épargna Ivan Tatarintsev mais, un mois plus tard, ce fut son tour. Les pensionnaires de tous ces centres de détention ne recevaient que du pain et de l’eau. Pendant les interrogatoires, les tchékistes se moquaient de leurs victimes et les frappaient souvent jusqu’à ce qu’ils perdissent connaissance.

Parfois, on plaçait les victimes contre un mur et les soldats de garde s’amusaient à tirer des balles à leur droite ou à leur gauche pour faire naître en eux une terreur mortelle. D’autres fois, on leur offrait des cigarettes droguées qui provoquaient des hallucinations.

La lumière artificielle brûlait sans interruption et les victimes ne savaient plus si c’était le jour ou la nuit. Ils maigrissaient au point de devenir des ombres vivantes. Le 22 juin 1941, les Allemands déclaraient la guerre aux bolcheviks. Ceux-ci évacuèrent Kovno en emmenant, avec eux, tous les prisonniers.

Dès le premier jour de la guerre, les Lituaniens s’insurgèrent contre les Soviétiques et libérèrent leur capitale, avant même l’arrivée des Allemands. Ivan Tatarintsev se trouvait au nombre des prisonniers emmenés par les communistes ; ils étaient plus de 800. Les camions qui les emportaient prirent la direction de Minsk, en Biélorussie. Près de la ville de Borissov, les véhicules furent déchargés et les prisonniers durent s’engager, à pied, sur la route de Smolensk. De forts contingents de tchékistes et de soldats rouges les accompagnaient avec des tanks.

De la sainteté nouvelle et du Mal éternel

Le 26 juin 1941, près du village de Tcherviène, les prisonniers, parmi lesquels des polonais et des lituaniens reçurent l’ordre de s’aligner sur huit rangs, après quoi les soldats commencèrent à tirer sur eux en feux croisés de mitrailleuses. Un cri terrible retentit ! Les victimes tombaient maudissant SDtaline et le communisme, d’autres imploraient les prêtres catholiques, prisonniers comme eux, de leur donner l’absolution…

Le martyre des nouveaux saints sera au programme de toutes les écoles de Russie

Une fois tout le monde à terre, les tchékistes, d’une voix forte, annoncèrent que si quelqu'un vivait encore, il pouvait se relever sans crainte – Staline lui laissait la vie. Les blessés commencèrent à se traîner hors du lieu de l’exécution. On leur ordonna de se coucher par terre pour recevoir des soins médicaux, ce qu’ils firent. Alors les bolcheviks dirigèrent leurs tanks sur eux et les écrasèrent tous, jusqu’au dernier. Quelques blessés essayèrent de fuir ; ils furent rattrapés et anéantis.

La nuit était tombée, grâce à l’obscurité, le prêtre lituanien Antoine Petraitis parvint à se dégager de la masse de cadavres pour ramper vers les buissons voisins, d’autres blessés firent de même. Les soldats rouges devinant qu’il y avait encore des vivants s’armèrent de torches électriques, et passèrent au milieu des cadavres en donnant des coups de baïonnette là où ils voyaient encore un signe de vie. Le prêtre Petraitis arriva à s’éloigner des buissons et à se cacher dans un marais. Un officier lituanien réussit également à se sauver. Ce sont eux qui ont fait connaître le sanglant carnage où périt également Ivan Tatarintsev, cet homme si pieux, ce zélé serviteur de l’Eglise.

Archiprêtre Michel Polsky, « Les nouveaux martyrs de la terre russe », éditions « Résiac », 1976
Nouveaux martyrs
Lituanie 1941 - Ivan Tatarintsev  et ses compagnons

Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 3 Février 2019 à 07:29 | 0 commentaire | Permalien



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