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IMAGES SAINTES. MAÎTRE DENIS, ROUBLEV ET LES AUTRES
Fondation Gianadda, à Martigny
Jusqu’au 13 juin 2010
Accrochées le long de piliers, les icônes de saint Jean Chrysostome et de saint Grégoire de Nazianze dominent la salle d’exposition. Représentés en pied sur plus de trois mètres de hauteur, ces Pères de l’Église orthodoxe fascinent par leur attitude tranquille. Ces images ont été peintes en 1408 par le moine Andreï Roublev pour l’iconostase (1) de la cathédrale de la Dormition de Vladimir, à Moscou. Épurées de détails narratifs, elles se distinguent par leur clarté et l’harmonie de leurs motifs et couleurs.
Célèbre pour son icône de la Trinité, Roublev figure, avec Maître Denis et Simon Ouchakov, parmi les grands artistes présentés dans ce nouvel accrochage de la Fondation Gianadda, à Martigny. Après deux premières expositions avec la galerie Trétiakov de Moscou – en 1997, sur l’Ancien et le Nouveau Testament, et en 2000, sur les saints russes –, la Fondation renouvelle son partenariat avec le musée russe. Sous le titre «Images saintes, Maître Denis, Roublev et les autres», elle accueille 64 icônes du XIVe au XVIIIe siècle, issues de différents ateliers : Souzdal, Vladimir, Iaroslav, Novgorod, Pskov et Moscou.
Fondation Gianadda, à Martigny
Jusqu’au 13 juin 2010
Accrochées le long de piliers, les icônes de saint Jean Chrysostome et de saint Grégoire de Nazianze dominent la salle d’exposition. Représentés en pied sur plus de trois mètres de hauteur, ces Pères de l’Église orthodoxe fascinent par leur attitude tranquille. Ces images ont été peintes en 1408 par le moine Andreï Roublev pour l’iconostase (1) de la cathédrale de la Dormition de Vladimir, à Moscou. Épurées de détails narratifs, elles se distinguent par leur clarté et l’harmonie de leurs motifs et couleurs.
Célèbre pour son icône de la Trinité, Roublev figure, avec Maître Denis et Simon Ouchakov, parmi les grands artistes présentés dans ce nouvel accrochage de la Fondation Gianadda, à Martigny. Après deux premières expositions avec la galerie Trétiakov de Moscou – en 1997, sur l’Ancien et le Nouveau Testament, et en 2000, sur les saints russes –, la Fondation renouvelle son partenariat avec le musée russe. Sous le titre «Images saintes, Maître Denis, Roublev et les autres», elle accueille 64 icônes du XIVe au XVIIIe siècle, issues de différents ateliers : Souzdal, Vladimir, Iaroslav, Novgorod, Pskov et Moscou.
Des règles strictes définies au Xe siècle
Ces icônes, vénérées par les fidèles orthodoxes, ont été placées ici à hauteur de regard. Et si le cadre de la Fondation Gianadda date un peu, son atmosphère feutrée se prête à un certain recueillement. On y découvre à la fois des représentations de saints et différents épisodes de la Bible à travers de minutieux détails, avec un style particulier selon les ateliers et les époques. Nathalia Cheredega, chef du département des arts de l’Ancienne Russie à la galerie Trétiakov, fait ainsi remarquer « l’expression douce et lyrique » des icônes issues de Iaroslav au XIVe siècle. En témoigne une Sainte Face, aux nuances de jaune, brun et rouge, icône la plus ancienne de l’exposition.
À Pskov, « les yeux au regard perçant sont soulignés de triangles blancs », comme dans cette icône admirable du XVe siècle représentant les Saints Élus orthodoxes. L’école de Moscou, principal centre de production, est évoquée avec l’un des chefs-d’œuvre de Maître Denis : La Crucifixion (1500). Cette icône conserve une composition traditionnelle, mais sa luminosité est étonnante. « La gamme chromatique solennelle est marquée par la noblesse et l’élégance des couleurs, les proportions des figures sont étirées, leurs poses, extraordinairement gracieuses », analyse Nathalia Cheredega.
Les icônes réalisées au XVIe siècle perdent un temps de la délicatesse transmise par Maître Denis. Puis, au XVIIe, sous l’influence notamment du peintre Simon Ouchakov, les traits s’affinent et s’entourent de tons clairs, subtils. Mais si les styles évoluent, toutes ces icônes obéissent à des règles strictes définies au Xe siècle, assurant une étonnante continuité. L’importance du regard, de la lumière éclairant l’icône de l’intérieur, rappelle ainsi au visiteur que ces « images saintes » sont le résultat d’un travail d’ordre sacré, auquel le peintre se prépare par la prière et le jeûne.
Laure de GONNEVILLE (à Martigny, Suisse)
Photo : Déisis, détrempe sur bois, Novgorod, fin XVe-début du XVIe siècle, 68 x 87 cm (Galerie nationale Tretiakov, Moscou).
(1) Dans les églises orthodoxes, paroi qui sépare le sanctuaire de la nef.
La CROIX
Notre Blog: " Icônes, sources de joie"
Ces icônes, vénérées par les fidèles orthodoxes, ont été placées ici à hauteur de regard. Et si le cadre de la Fondation Gianadda date un peu, son atmosphère feutrée se prête à un certain recueillement. On y découvre à la fois des représentations de saints et différents épisodes de la Bible à travers de minutieux détails, avec un style particulier selon les ateliers et les époques. Nathalia Cheredega, chef du département des arts de l’Ancienne Russie à la galerie Trétiakov, fait ainsi remarquer « l’expression douce et lyrique » des icônes issues de Iaroslav au XIVe siècle. En témoigne une Sainte Face, aux nuances de jaune, brun et rouge, icône la plus ancienne de l’exposition.
À Pskov, « les yeux au regard perçant sont soulignés de triangles blancs », comme dans cette icône admirable du XVe siècle représentant les Saints Élus orthodoxes. L’école de Moscou, principal centre de production, est évoquée avec l’un des chefs-d’œuvre de Maître Denis : La Crucifixion (1500). Cette icône conserve une composition traditionnelle, mais sa luminosité est étonnante. « La gamme chromatique solennelle est marquée par la noblesse et l’élégance des couleurs, les proportions des figures sont étirées, leurs poses, extraordinairement gracieuses », analyse Nathalia Cheredega.
Les icônes réalisées au XVIe siècle perdent un temps de la délicatesse transmise par Maître Denis. Puis, au XVIIe, sous l’influence notamment du peintre Simon Ouchakov, les traits s’affinent et s’entourent de tons clairs, subtils. Mais si les styles évoluent, toutes ces icônes obéissent à des règles strictes définies au Xe siècle, assurant une étonnante continuité. L’importance du regard, de la lumière éclairant l’icône de l’intérieur, rappelle ainsi au visiteur que ces « images saintes » sont le résultat d’un travail d’ordre sacré, auquel le peintre se prépare par la prière et le jeûne.
Laure de GONNEVILLE (à Martigny, Suisse)
Photo : Déisis, détrempe sur bois, Novgorod, fin XVe-début du XVIe siècle, 68 x 87 cm (Galerie nationale Tretiakov, Moscou).
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