Pourquoi restaurer des églises que personne ne fréquente ?
De la réhabilitation des églises anciennes qui menacent ruine au fin fond des campagnes.

Récemment sur internet quelqu’un a raconté l’histoire suivante. Un athée, c’est ainsi qu’il s’est nommé, a décidé de participer à la restauration d’une église. Mais de cette église personne n’avait besoin.

Ceux qui ont participé à cette restauration ne l’ont fait que pour le salaire versé. Quand il n’y a plus eu d’argent, les travaux ont stoppé. Et cet athée s’est demandé pourquoi est-ce que le Patriarcat n’a pas pris en charge cette restauration.

Si le Patriarcat n’a pas pris en charge cette restauration, c’est parce que personne n’a besoin de cette église. Il y a peu « Pravmir » a publié un historique d’églises qui nécessitent une remise en état et qui, aujourd’hui restaurées, embellissent notre terre. Mais avant de décider d’une restauration, il faut se demander à qui va servir cette église.

Il y a deux ans, les habitants d’un petit village ont demandé à l’administration diocésaine que l’on restaure leur église. Et j’ai été envoyé pour desservir cette église. Durant ces deux années, personne n’a manqué un seul office. Chacun participe selon ses moyens à la restauration. Le Seigneur a répondu à l’attente des paroissiens, il leur a envoyé un sponsor pas très riche qui a quand même financé le nouveau sol et l’achèvement de la toiture. Il y a peu on a terminé l’autel et on a pu commencer à célébrer les offices.

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On nous a raconté ce qui s’est passé dans un autre village. Une moniale, dont nous tairons le nom, a décidé de restaurer une église. Pour ce faire, elle n’a demandé la bénédiction de personne, elle s’y est attelée toute seule et en dix ans elle a réussi à restaurer l’église : de nouveaux dômes, de la peinture toute fraîche, un sol carrelé tout neuf, une belle iconostase. Mais cette église reste vide ! Il y a tout ce qu’il faut pour y célébrer les offices, mais… pas de paroissiens.
Pourquoi restaurer des églises que personne ne fréquente ?

L’artisan fumiste est mort, il ne restait que deux paroissiennes, mais l’une depuis plus de six mois ne peut quitter sa maison car elle s’occupe de sa vieille mère malade, et l’autre doit toujours être auprès de sa fille handicapée. Le reste des villageois, à vrai dire fort peu nombreux, durant toutes ces années n’a pas désiré fréquenter l’église. Pour les fêtes, un prêtre vient de la ville où il officie régulièrement, mais il se fait accompagner de chantres et de paroissiens citadins. Qui a besoin de ça ?

L'archiprêtre André Efanov explique: "Je pense qu’on ne peut pas rétablir artificiellement une vie spirituelle. Et une église, tout monument historique et architectural qu’elle soit, ne peut être restaurée que pour les besoins d’une communauté concrète. S’il n’y a pas de pratiquants, on peut élever des dômes dorés, il n’y aura rien. S’il y a des prières, des paroissiens, le Seigneur leur enverra un pasteur et des bienfaiteurs. C’est l’Esprit saint qui vivifie tout. Ce n’est pas dans les murs de pierres qu’Il réside, mais dans le cœur des croyants. Et les croyants peuvent tout — et déplacer les montagnes, et restaurer les églises, et illuminer le monde qui est dans les ténèbres".

Traduction "PO" PravMir
et RuskLin Зачем реставрировать храмы, в которые никто не ходит?
Pourquoi restaurer des églises que personne ne fréquente ?

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Des bénévoles font renaître des églises et leurs villages

Alexeï Iakovlev : En 2008, dans le village de Vorzogory, dans la région d’Arkhanguelsk, un homme – simplement quelqu’un qui n’était pas indifférent – a décidé, seul et sur ses fonds personnels, de refaire la couverture d’un clocher abandonné. Au départ, nous l’avons aidé financièrement, pour l’achat des matériaux, puis, peu à peu, nous avons réuni des gens – à commencer par des proches et des connaissances –, qui ont poursuivi ce travail à ses côtés.

L’architecture russe en bois est un phénomène unique dans la culture mondiale. Et ce serait vraiment dommage qu’il ne parvienne pas jusqu’à nos enfants. Le bois est plus fragile que la pierre, il s’abîme plus facilement. Dans le même temps, il exige moins de moyens pour être réparé et entretenu. Nous avons exporté cette expérience positive de Vorzogory vers d’autres églises et chapelles en bois. Et aujourd’hui, 127 de ces constructions ont déjà été restaurées, et 300 autres, recensées, le seront bientôt. Suite
Pourquoi restaurer des églises que personne ne fréquente ?

Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 24 Août 2017 à 11:22 | 1 commentaire | Permalien



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