Brûlant questionnement
Anne Khoudokormoff-Kotschoubey
Moscou 20.08.17


A la lumière de la Fête de la Transfiguration que nous venons de célébrer à Moscou, dans la cathédrale du Christ Sauveur avec l’ensemble de la "Fraternité de la Transfiguration" qui s'y rassemble chaque année pour cette Fête - comme cela semble être devenu une belle tradition - et en se rappelant les articles du prêtre Alexandre Borisov consacrés au 19 août 1991 , nous devrions nous réjouir de cette joie au milieu de l’année. Réjouissons-nous donc avec force, conviction et confiance!

Imperceptibles, toutefois, mais bien réels, nous semble- t- il, sont les « nuages », appelons-les comme cela, ou « doutes/interrogations » sur quelques points.

Soyons précis. Dans la cathédrale du Christ Sauveur - rétablie et consacrée le 19.08.2000, le jour de la Transfiguration, et où le lendemain étaient célébrés les Nouveaux Saints Martyrs canonisés ce jour même en grande et magnifique pompe et immense émotion, - avait été installé autour de la crypte un petit musée très émouvant relatant l’histoire de la Cathédrale, son érection, sa disparition (dynamitage en décembre 1931) et sa reconstruction près de 70 ans plus tard.

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Dans ce musée étaient présentés des débris de pierres, documents, photographies du dynamitage et destruction, ainsi que la photo de la procession organisée par un prêtre courageux autour du bassin de natation, construit sous le régime communiste sur l'emplacement de la cathédrale ancienne, en guise d'appel à sa reconstruction.

A présent dans ces locaux, récemment remis à neuf, la partie consacrée à la destruction de la cathédrale est fortement réduite et, notamment, a disparu la photo de ce prêtre courageux … Petit nuage…

Dans la toute nouvelle et scintillante cathédrale construite en l’honneur et à la mémoire des saints Nouveaux Martyrs, et ainsi appelée, une foule étonnée circule. On y vend objets et livres pieux, quelques icônes. Impossible pourtant d’y trouver la reproduction de la célèbre et merveilleuse icône peinte pour la canonisation des saints Nouveaux Martyrs et bénie par feu le Patriarche Alexis II. Icône impressionnante.

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Témoins de Lumière : l’archipel des Solovki et Butovo, Golgothas russes

Cette icône est effectivement devenue presque introuvable dans toute la ville. Et, si on la trouve c'est sans les petites icônes (kleima) entourant le groupe central des Nouveaux Martyrs !!!… Les vendeuses n’ont jamais entendu parler ni vu même l'icône complète, œuvre des iconographes de l’Institut de théologie Saint Tikhon, d’après la merveilleuse idée/conception du prêtre Alexandre Saltikov. Les kleima entourant le groupe central sont pourtant l’attribut indispensable à la compréhension de la réalité, aussi pénible et horrible fut-elle. Elles indiquent clairement QUI a tué, QUI a martyrisé et cela sous la forme de petits soldats bolchéviques mettant en joue les victimes.

De petits nuages en petits nuages, la Vérité, nous parait s’estomper... Cette indifférence, ou ignorance voulue (?) est pensons-nous dramatique envers la mémoire. Il nous semble, que la présentation de la Vérité, doit toujours exister, sous toutes ses formes et en tous temps, sous peine de banalisation des faits de l'histoire. Le silence haï par Soljénitsyne et inlassablement combattu par lui toute sa vie, devrait pouvoir nous inspirer à nous ériger contre l'omerta... Ou bien serait-ce une invitation muette envers l'exemple éternel de l'extrême tempérance/patience des saints, surtout ceux, plus proches de nous, des Nouveaux Martyrs. Où donc nous situons-nous ???

Lire aussi Anne Khoudokormoff: Baptême de Russie 1025 et ÉLISABETH DE RUSSIE, moniale, martyre et sainte

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Témoins de Lumière : l’archipel des Solovki et Butovo, Golgothas russes

Cette icône, écrite dans le style des icônes du XVIème siècle, est composée d’une icône centrale, avec au sommet une déisis, et ensuite de petites icônes l’entourant et décrivant chacune un fait historique religieux, sorte de résumé de toute l’horreur qu’a dû subir le peuple russe dans son entièreté.

Icône centrale :

L’ensemble des saints nouvellement canonisés est présenté sur fond de la cathédrale du Christ Sauveur à Moscou, comme symbole à la fois des souffrances et de la renaissance de l’Eglise russe. Sur l’autel, orné de la couleur rouge comme pour la fête de Pâques, est déposé un évangile ouvert sur ce passage de St Matthieu : « Ne craigniez pas ceux qui tuent le corps, mais ne peuvent tuer l’âme » (Mat. 10, 28). La grande croix du milieu indique que tous ceux représentés sur l’icône ont subi le martyre. Au centre figure la famille impériale. Au-dessus d’eux les hiérarques de l’Eglise. On remarque le Patriarche Tikhon avec un groupe d’évêques à gauche, le Métropolite Pierre de Kroutitsky à droite. Derrière eux, les autres évêques, des prêtres, des moines et des laïcs.

Nous allons maintenant parcourir les petites icônes, dans le sens que veut la lecture traditionnelle, les petites icônes illustrant le thème central. Et nous verrons que la première d’entre elles se rapporte aux Solovki, et une autre à Butovo. SUITE

Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 22 Septembre 2017 à 23:14 | 3 commentaires | Permalien



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