La Cour Suprême de la République d'Ukraine a autorisé à l'Eglise orthodoxe d'Ukraine avec le métropolite Onuphre à sa tête de garder sa dénomination
Il a été permis à l'Eglise canonique orthodoxe  d'Ukraine de garder sa dénomination. La Cour Suprême n'a pas donné satisfaction à la requête en cassation déposée par le Ministère de la culture d'Ukraine qui souhaitait un changement de dénomination. Cette décision est définitive.
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UKRAINE, 659 Résultats pour votre recherche sur >>> PO

Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 17 Décembre 2019 à 14:47 | 2 commentaires | Permalien

L'Église du Christ-Sauveur, paroisse d'Asnières
Aujourd'hui, 15 décembre 2019, la paroisse d'Asnières a voté. Voici les résultats du scrutin, Axios!

Paroisse d'Asnières
Moscou : 19
Constantinople : 18

Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 15 Décembre 2019 à 20:08 | 6 commentaires | Permalien

LE DÉSESPOIR
Extraits du livre de Jean-Claude Larchet "Le Starets Serge"

Parfois le starets Serge évoque la passion du désespoir, qui peut chez le chrétien, naître de la conscience aigüe d’un péché commis ou de son état de péché.

Le starets préconise plusieurs façons de sortir de cet état spirituel non seulement pathologique mais dangereux.

1. Nous ne devons jamais croire notre état de péché irrémédiable, mais au contraire être sûrs qu’il y a toujours un pardon pour toute faute, et qu’il suffit de le demander à Dieu pour l’obtenir.

2. Nous devons éviter d’être sous la dépendance de nos péchés et de nos états de péché antérieurs.

Pour cela nous devons : a) éviter de nous rappeler nos fautes dans le détail et de les « ruminer » ; b) commencer chaque jour comme si c’était un jour nouveau, « tout reprendre de zéro », ne pas être tourné vers le passé mais vers le présent et vers l’avenir.

3. Nous devons nous désolidariser de notre péché. Alors que le diable vise à nous identifier à notre péché, nous suggérant : « Tu es cela », pour nous pousser, justement, au désespoir, nous devons comprendre que le péché et les passions sont profondément étrangers à notre nature et à notre personne, qu’ils sont comme des abcès qui s’y sont surajoutés par accident, qui ont parasité notre peau mais ne font pas partie d’elle.

Plus simplement, quand nous constatons en nous des tendances au mal, il ne faut pas perdre de temps à s’interroger sur leur origine, se demander ce qui en nous a pu les produire ou les provoquer. Il ne faut surtout pas croire qu’elles font paretie de nous-mêmes, qu’elles révèlent un aspect caché de notre personnalité. Il y a un grand danger à se solidariser ainsi avec le mal, à le considérer comme faisant partie de soi. Il faut savoir que les tendances mauvaises qui se manifestent en nous sont des tentations qui nous viennent des démons. Ceux-ci cherchent à nous faire croire qu’ils n’existent pas et que tout le mal qui se présente en nous vient de nous et fait partie de nous.

Mais c’est en vérité à eux qu’il faut l’attribuer, et non à nous-mêmes. Il faut savoir que le mal est en vérité étranger à notre nature bien qu’il entre parfois en contact avec elle et cherche à se greffer sur nos propres tendances. Le fait cependant que les démons nous proposent souvent des tentations qui ne correspondent pas à nos tendances, à nos désirs et à nos goûts, qui ne nous concernent pas et pour lesquelles nous n’avons aucune attirance est le signe manifeste que le mal qui se manifeste en nous a en eux son origine profonde.

Tout cela n’exclut pas, bien au contraire, que l’on fasse pénitence de ses péchés et de son état de péché, la pénitence apparaissant, jointe aux attitudes précédentes et avec la prière comme l’une des principales façons de sortir du désespoir et de l’éviter.
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La vie spirituelle peut causer la tristesse
Le découragement, l’abattement, la paresse et la léthargie spirituels
Le № 25 du "Messager de l'Église orthodoxe russe"
Émilie van Taack : LE PERE SERGE ET SES ENFANTS SPIRITUELS

Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 15 Décembre 2019 à 16:16 | 2 commentaires | Permalien

Xenia Krivochéine   "Des bulbes d’or dans le ciel de Paris"
Ce livre de Xenia Krivochéine peut être acheté à la librairie de la сathédrale

Traduction Gilles-Marc Fougeron, mise en page et couverture Daria Alexandrovskaya

" Editions Sainte-Geneviève", 2019. Nombreuses photos historiques

Prix 13 €. AMAZON

La majorité des Russes et des Français ne connaît pas l’histoire de l’érection de la cathédrale russe du diocèse de Chersonèse de l’Église orthodoxe russe en plein centre de Paris.

La consécration de la cathédrale de la Sainte-Trinité par le patriarche Cyrille fin 2016 a été l’accord final d’un long chemin semé d’embûches pour l’Église russe. Ses bulbes d’or embellissent la merveilleuse ville de Paris.

La cathédrale, telle l’invisible cité de Kitège , s’est comme par miracle dressée au bord de la Seine et, malgré les difficultés, les relations historiques, culturelles et religieuses entre nos deux pays, loin de se rompre, se sont renforcées.

Xenia Krivochéine   "Des bulbes d’or dans le ciel de Paris"
Les bateaux mouches, pleins à craquer de touristes, sillonnent la Seine en toutes saisons. La voix du guide annonce dans toutes les langues : « J’attire votre attention sur les bulbes de la cathédrale russe qui se dresse près du pont Alexandre III… » Tout chauffeur de taxi qui passe quai de Branly estime devoir dire à ses clients : « Voyez quelle cathédrale russe il y a maintenant à Paris ! Elle est belle ! »

Sur la rive opposée, quand vous sortez de la station de métro « Alma–Marceau » vous découvrez ce merveilleux paysage : la cathédrale de la Sainte-Trinité sur fond de Tour Eiffel. Les touristes ne sont pas seuls, les Parisiens aussi découvrent le monde orthodoxe : une cathédrale ample et lumineuse, des sonneries de cloches inhabituelles, un ensemble architectural mêlant tradition et modernité qui englobe des salles d’exposition, un auditorium, des salles de cours pour enfants… et bien d’autres locaux dont il sera question plus loin.


В церковной лавке Троицкого кафедрального собора в Париже можно приобрести эту книгу и на русском: Ксения Кривошеина «Золотые купола над Парижем», издетельство ЭКСМО, Москва
Монография, посвященная православному собору, сооруженному в 2016 году на берегу Сены, представляет собой скорее поступательное и неспешное изложение истории возникновения и становления Православия в Европе, нежели сжатый и лаконичный справочник, повествующий исключительно о новом парижском храме.
Prix 10 €.

Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 14 Décembre 2019 à 11:20 | 7 commentaires | Permalien

Mgr Marc, archevêque de Berlin et d'Allemagne, a été élevé à la dignité de métropolite
La paroisse de la Mère de Dieu du Signe a célébré le 10 décembre 2019 la fête de l'icône de la Mère de   Dieu de la Racine.

A la fin de la divine liturgie Monseigneur Hilarion, métropolite de New York (EORHF), a élevé  l'archevêque de Berlin et d'Allemagne Marc (Arndt) au rang de métropolite, ceci à l'occasion du quarantième anniversaire de son ordination et pour récompenser ses mérites au service de l'Eglise du Christ. Le Synode des évêque de l'Eglise Hors Frontières avait débattu de cette décision en juin dernier. 

АРХИЕПИСКОП БЕРЛИНСКИЙ И ГЕРМАНСКИЙ МАРК ВОЗВЕДЕН В САН МИТРОПОЛИТА

L'archevêque de Berlin, d'Allemagne et de Grande Bretagne Marc (Arndt) , de l'Église orthodoxe russe à l'étranger (EORHF – patriarcat de Moscou) est un Allemand d'Allemagne de l'Est. Il a appris le russe à l'école et le maitrise parfaitement ainsi que le slavon, dont il défend fermement l'usage liturgique; il a enseigné le slavon et la littérature russe ancienne à l'Université d'Erlangen (Allemagne).

Converti à l'Orthodoxie durant ses études universitaires, il fut ordonné hiéromoine en 1975 au monastère de Lesna (France) et sacré évêque en 1980. Il fut le premier des évêques de EORHF à entamer le dialogue avec le patriarcat de Moscou dans les années 1990 et participa aux discussions qui se conclurent par la réunification de 2007.

Il est actuellement le premier vice-président du Synode épiscopal de EORHF; il préside actuellement la commission de droit canon de la Conférence interconciliaire de l'Eglise russe.

Lire Mgr Marc Archevêque de Berlin d’Allemagne et de Grande Bretagne : les valeurs chrétiennes en Europe d’aujourd’hui
Mgr Marc, archevêque de Berlin et d'Allemagne, a été élevé à la dignité de métropolite

Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 14 Décembre 2019 à 10:15 | 18 commentaires | Permalien

Article du père Michel Polsky, écrit en 1952: Aperçu de la situation de l’Exarchat russe dans la juridiction œcuménique (2)
SUITE le texte inédit traduit pour PO par Marie Genko

Par la suite en démêlant cet écheveau d’erreurs, l’assemblée diocésaine de l’exarchat russe d’Europe occidentale, (17 octobre 1946) décida de prévenir une éventuelle répétition de la dernière faute, et elle alla plus loin dans la définition de sa position, en se tournant cette fois ci, sans aucune condition, vers la juridiction du patriarcat de Constantinople.

Enfin il exprima la dépendance directe du diocèse envers le patriarcat Constantinople dans l’accord écrit du 6 mars 1947, et en ne stipulant rien à propos de son caractère provisoire. La raison du silence à propos de la forme de la nouvelle soumission était évidente, mais elle était dissimulée vis-à-vis des fidèles par les instances dirigeantes du diocèse.

Ce n’est que récemment qu’une nouvelle assemblée diocésaine de l’exarchat (du 29 septembre au 5 octobre 1949) déclara avec précision qu’il rejette une position provisoire et confirme l’établissement permanent du diocèse dans la juridiction du patriarche œcuménique; et en essayant d’argumenter les principes de ses nouveaux droits, il appelle les autres églises et les autres juridictions de suivre son exemple.

Ainsi, après la mort du métropolite Eloge, s’étant détaché de l’Eglise russe, le diocèse de l’Europe occidentale commença à défendre sa position par la bouche de ses représentants. Et cette fois ci, non plus comme une structure temporaire et accidentelle, mais comme une structure permanente. Et ce diocèse s’investit de la mission de convaincre de la légitimité des nouveaux droits du patriarcat de Constantinople, droits sans précédents, nouvellement déclarés, et qui n’avaient été reconnus par personne.

Et c’est ainsi que le départ du métropolite Eloge du synode des hiérarques à l’étranger a donné naissance à toute une série de profondes erreurs. Pourtant le métropolite Eloge lui-même, avec sa volonté d’une situation temporaire au sein du patriarcat de Constantinople, jusqu’à sa propre mort ne contestait pas les droits de l’Eglise russe sur sa composante à l’étranger et il ne n’évaluait pas les prétentions du patriarche de Constantinople.

Ce fut fait par ses successeurs en charge du diocèse, qui changèrent radicalement la situation de ce diocèse et creusèrent un fossé plus profond au sein d’orientations discutables d’une présence ecclésiale russe à l’étranger.

Une situation permanente, c’est la reconnaissance de la normalité des nouvelles conditions. Une situation permanente, c’est la principale argumentation pour soutenir le nouvel ordre comme légal, et dans ce cas précis le droit du diocèse de résoudre la question des relations entre les Eglises locales.

Une situation temporaire, c’est se reconnaître encore dans le sein de l’Eglise russe. Et une situation permanente c’est une rupture officielle avec elle. Ainsi le diocèse, sur un fondement complètement nouveau, réfutait radicalement l’objectif du métropolite Eloge, qui en dépit de son indépendance connaissait encore ses limites.

Cette prise de position, encore nouvelle dans l’Histoire de ce diocèse, d’une union définitive au patriarcat de Constantinople, était en accord avec la déclaration faite par Constantinople concernant son autorité sur toute la diaspora. Autorité non reconnue par les autres Eglises locales. Cette décision fut confirmée par les instances dirigeantes du diocèse au moment du conseil diocésain de 1949 par toute une série de déclarations et d’articles écrits par leurs idéologues dans les organes officiels de l’Exarchat « Le Messager de l’Eglise » et dans le journal « La Parole de l’Eglise ».

Cependant nous ne pouvons pas considérer la position de ce diocèse comme la dernière. Tout récemment, de façon inattendue, dans « le Messager de l’Eglise » de l’Exarchat, (N°2, 1951) fut publié un article important « La position canonique de l’Exarchat et la lettre du conseil diocésain 1949 » Dans cet article il est écrit d’une manière précise, bien qu’il s’agisse des paroles d’un de ses prêtres, que « nous continuons à être une composante de l’Eglise locale russe, même si temporairement (ce mot est souligné dans l’article) en vertu d’une situation politico canonique complexe, nous nous trouvons soumis au patriarcat œcuménique »( page 13) ; Et, comme nous le verrons ceci est écrit, après des déclarations catégoriques, qu’aucune composantes des Eglises Locales ne peut se trouver à l’étranger et qu’il n’est plus temps de penser à une situation temporaire du diocèse à l’étranger. A présent, cet article a besoin de démontrer avec peine que « L’Exarchat actuel est justement le même que celui qui existait sous le métropolite Eloge » (page 15)° En ce qui concerne « la lettre » de 1949 « là il faut admettre que certaines expressions de cette lettre ne sont pas tout à fait heureuses. » admet prudemment ce prêtre.

Dans l’attente de l’explication officielle suivante d’un nouveau zigzag du diocèse, nous devons analyser les fondements de la position qui a été annoncée par les représentants du diocèse dans cette dernière période.

Et nous devons montrer la contradiction et le mensonge au sein de cette situation embrouillée qui se dévoile dans la situation non canonique de ce diocèse.

Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 11 Décembre 2019 à 14:27 | 0 commentaire | Permalien

Article du père Michel Polsky, écrit en 1952: Aperçu de la situation de l’Exarchat russe dans la juridiction œcuménique (1)
Texte inédit traduit pour PO par Marie Genko

Aperçu de la situation de l’Exarchat russe dans la juridiction œcuménique Holy Trinity monastery Jordanville USA

Le diocèse russe en Europe occidentale, à présent exarchat du patriarcat œcuménique de Constantinople, est composé des anciennes et des nouvelles paroisses et églises des exilés russes et il faisait partie du corps de l’Eglise de Russie jusqu’en 1931 lorsqu’il se soumit au patriarcat œcuménique.

L’archevêque Eloge fut nommé le 2 octobre 1920 à la tête des églises russes d’Europe occidentale de façon provisoire. Cela fut une décision de la Haute administration ecclésiale, formée en 1919 et qui se trouvait au sud de la Russie en raison de la guerre civile et à cause de la séparation d’une partie des diocèses du centre de l’Eglise.

Le 26 mars 1921, le synode patriarcal de Moscou déclara par décret qu’il reconnaissait l’archevêque Eloge dans cette fonction « en vertu de la décision de la haute instance dirigeante de l’Eglise à l’étranger » Ces églises d’Europe occidentale étaient auparavant gérées par le métropolite de Petrograd

Le 30 janvier 1922, le même synode éleva l’archevêque Eloge à la dignité de métropolite; ce décret fut accompagné des paroles suivantes : « à votre attention…en vertu de votre position importante en tant que responsable des églises russes d’Europe occidentale»

A la fin de la réunion du synode de la haute administration ecclésiale en mai 1922, le patriarcat de Moscou confia l’administration temporaire des paroisses russes à l’étranger au métropolite Eloge (Décret N°348 du 5 mai 1922) alors qu’il était membre de cette assemblée constitutive à l’étranger depuis le jour de sa fondation en ce lieu. Le métropolite Eloge, en accord avec tous les prélats, refusa fermement (déclaration du 8 août 1922) la charge de l’administration de toutes les églises à l’étranger et entra à nouveau en tant que membre dans la nouvelle organisation du synode des hiérarques. Toutefois le sens propre de ce décret, concernant un changement dans l’organisation de l’administration à l’étranger, restait immuablement le même pour tous les hiérarques : La composante de l’Eglise russe à l’étranger ne pouvait être, et restait toujours inchangée, uniquement dans la juridiction de l’Eglise de Russie et la nomination du métropolite Eloge par le centre de l’Eglise russe en était une confirmation. Le métropolite Eloge lui-même le comprenait ainsi.

Le Concile de toute l’Eglise de Russie du 7 décembre 1917, décida de répartir tous les diocèses de l’Eglise Orthodoxe de Russie en cinq groupes, à la fin de pouvoir convoquer les hiérarques représentants leurs diocèses dans la composition du Saint Synode du patriarcat. Le cinquième groupe comprenait aussi le diocèse d’Amérique du Nord avec les missions du Japon, de la Chine, d’Ourmi.

En conséquence, les représentants des diocèses et des missions à l’étranger prenaient part à la plus haute administration de l’Eglise au même rang que tous les diocèses sans aucune différenciation. Et jamais ne se posa la question de transmettre les églises à l’étranger à qui que cela soit, comme par exemple au patriarcat de Constantinople.

Le patriarcat de Constantinople décréta le 5 avril 1922 la création de son Exarchat en Europe occidentale. Par les lettres de créance de mars et avril 1923 et juin 1924, il nomma à la tête de la chaire de Londres le métropolite Germanos Fiatirski et il déclara non canonique le métropolite des églises russes d’Europe occidentales, celui-ci n’ayant pas le droit d’administrer ces églises.

Le patriarche de Constantinople déclara que l’Eglise de Russie n’a pas le droit d’administrer quelque église que cela soit en dehors du territoire de son Etat. Et que par conséquent toutes ces Missions et diocèses à l’étranger (c'est-à-dire le Japon, la Chine, l’Amérique et les autres) doivent se soumettre au patriarcat œcuménique.

Sa Sainteté le Patriarche Tikhon en 1923 et 1924 protesta contre la violation des droits de l’Eglise de Russie par le patriarcat de Constantinople en Finlande et en Pologne et à l’encontre des représentants de l’Eglise russe à l’étranger. Le synode des hiérarques russes par une succession de lettres contesta les prétentions du patriarcat œcuménique en Europe. Le métropolite Eloge rejetait lui aussi ces prétentions à l’unisson avec le synode des hiérarques russes et en 1926 (dans une lettre en date du 18 mai, adressée au patriarche Dionisio) il écrivit (qu’un acte d’interférence dans les affaires intérieures de l’Eglise autocéphale de Russie par le patriarcat de Constantinople ne pouvait canoniquement se justifier).

En conséquence toute l’organisation de l’Eglise et la soumission de son organe de gestion canonique excluait complètement la possibilité du départ d’un diocèse hors de la juridiction de son Eglise de Russie et une telle défection ne pouvait apparaître qu’en conséquence d’un acte arbitraire, ou non réglementaire de séparatisme schismatique, un acte rompant l’unité de sa propre église.

Voilà quelle était la situation au moment de la fondation de l’archevêché.

A la suite de ses sollicitations pour élargir ses droits, le métropolite Eloge, le 16/29 juin 1926, rompit démonstrativement ses liens avec le concile des hiérarques à l’étranger, ce qui entraîna son interdiction.

Durant une année son diocèse et lui-même existèrent sans aucune autorité supérieure, déclarant qu’ils détenaient des droits particuliers. Droits auxquels le métropolite Eloge avait renoncé quatre années auparavant.

Enfin la confirmation de ces droits parvint au métropolite Eloge en 1927 en provenance du patriarcat soumis au pouvoir soviétique (décret N°93 du 14 juillet) Son administration ne s’étendait pas au-delà de son ancien diocèse. Enfin à cause d’une insoumission de sa part aux directives bolcheviques, transmises par l’entremise du patriarcat de Moscou, le métropolite Eloge fut privé de son droit d’administrateur (30 juin 1930) et interdit de célébrations (24 décembre 1930).

La justesse du chemin choisi par le synode et le conseil des Hiérarques à l’étranger, qui conservaient leur auto administration et leur indépendance par rapport à l’église entravée du patriarcat de Moscou, était à nouveau démontrée.

Le métropolite Eloge ne revint pas vers le synode. Il s’enfuit de ces deux structures ecclésiales dans lesquelles il avait été interdit. C’étaient pourtant les deux structures ecclésiales, reconnues par lui, et auxquelles il s’était volontairement soumis.

Ainsi, il quitta librement sa propre Eglise.

Le patriarche de Constantinople, en dépit de toutes les règles de l’Eglise, (par le décret du 18 février 1931) reçut dans sa structure ecclésiale un métropolite interdit.

De cette façon le métropolite Eloge, en la personne duquel étaient confirmés les droits de l’Eglise russe à l’étranger, trahit et ses propres convictions et la décision du pouvoir de notre Eglise russe et il trahit également les principes du Concile de Russie de 1917 concernant la partie de l’Eglise russe à l’étranger lorsqu’il se soumit au patriarcat de Constantinople en 1931.

Ce diocèse russe s’appela désormais Exarchat du patriarche œcuménique (titre de Constantinople). Comme dans le Passé, ce fut le synode des hiérarques, qui resta fidèle à l’Eglise russe et fut-ecclésiale, formée en 1919 et se trouvant au sud de la Russie en raison de la guerre civile et de la séparation d’une partie des diocèses du centre de l’Eglise, nomma le 2 octobre 1920 le défenseur des ses Biens à l’étranger.

Cependant cette démarche manifestement arbitraire ne fut pas considérée comme une enfreinte aux lois. Des deux côtés, autant le métropolite Eloge que le patriarche de Constantinople, déclarèrent officiellement et avec fermeté en 1931 que ce détachement du diocèse de l’église russe et son union à Constantinople était une mesure provisoire.

La preuve de ce fait fut, que le métropolite Eloge accepta comme une vérité le mirage d’une Eglise russe libérée, et qu’il revint dans le sein du patriarcat de Moscou. Et fut accepté par celui-ci le 11 septembre 1945.

Mais comme il ne demanda pas le consentement du patriarche de Constantinople pour quitter son patriarcat. On peut dire qu’il resta toute une année (jusqu’à sa mort le 8 avril 1946) à la fois dans deux juridictions, celle de Moscou et celle de Constantinople, en qualité d’exarque des deux Eglises.

Dans quelques jours vous pouvez suivre 2eme partie

Nous avons publier beaucoup "Les nouveaux martyrs de la terre russe" éditions Résiac, archiprêtre Michel Polsky, 1976

Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 11 Décembre 2019 à 09:12 | 1 commentaire | Permalien

Commentaires du Secrétariat de la Commission synodale biblique et théologique de l’Église orthodoxe russe.

Les démarches unilatérales du Patriarcat de Constantinople en Ukraine, qui se sont achevées en janvier 2019 par la signature d’un prétendu « tomos d’autocéphalie », malgré la volonté de l’épiscopat, du clergé, des moines et des laïcs de l’Église orthodoxe d’Ukraine, ont suscité un vif débat dans les milieux ecclésiastiques. L’analyse des publications consacrées à ce thème montre que beaucoup de ceux qui participent à ces débats relient étroitement la question ukrainienne à des notions clés de l’ecclésiologie orthodoxe, comme la succession apostolique, l’économie et ses limites, le fonctionnement de l’Église orthodoxe au niveau universel, la conciliarité et la primauté.

Dans leurs ouvrages, de nombreux auteurs, notamment des auteurs de langue grecque, se montrent, avec raison, inquiets de savoir comment sera préservée intacte la succession apostolique, après la décision du Synode du Patriarcat de Constantinople d’admettre à la communion eucharistique des individus n’ayant pas été ordonnés légalement.

Les principales thèses produites par le Patriarcat de Constantinople pour justifier ses procédés en Ukraine ont déjà été examinées en détail par la Commission synodale biblique et théologique, dans des commentaires sur la lettre du patriarche Bartholomée à l’archevêque Anastase d’Albanie en date du 20 février 2019, publiée par le Patriarcat de Constantinople. Le débat sur la question ukrainienne se poursuivant parmi les évêques, le clergé et les laïcs de certaines Églises orthodoxes locales, le Secrétariat de la Commission a commenté les thèmes les plus important, soulevés dans le courant de la discussion.

1. Le problème de la succession apostolique chez les « hiérarques » schismatiques


La majeure partie des « consécrations » épiscopales dans « l’église orthodoxe d’Ukraine » remonte à l’ex-métropolite de Kiev et de toute l’Ukraine, Philarète Denissenko, lequel a été interdit le 27 mai 1992 par le Concile épiscopal de l’Église orthodoxe ukrainienne, puis réduit à l’état laïc par le Concile épiscopal de l’Église orthodoxe russe le 11 juin 1992. Le moine Philarète ne s’étant pas repenti et ayant poursuite son activité schismatique, notamment sur le territoire d’autres Églises autocéphales, le Concile épiscopal de l’Église orthodoxe russe des 18-23 février 1997 l’a excommunié par anathématisation. Bien qu’il ait fait appel plusieurs fois devant le patriarche de Constantinople, sa condamnation a été reconnue par l’Église orthodoxe constantinopolitaine et par d’autres Églises locales, comme les documents en font foi.

En octobre 2018, le Patriarcat de Constantinople a subitement annoncé qu’il allait donner suite à un énième appel du moine Philarète, et qu’il le rétablissait dans son rang et dans son titre « d’ex-métropolite de Kiev ». Denissenko n’en a pas pour autant fait pénitence, et la décision du Saint-Synode du Patriarcat de Constantinople n’a pas été précédée d’un nouvel examen de son dossier ni des accusations qui sont portées contre lui. Cinq mois après l’octroi du « tomos d’autocéphalie », M. A. Denissenko et quelques autres « évêques » se sont retirés de « l’église orthodoxe d’Ukraine » reconnue par Constantinople, et ont déclaré qu’ils reformaient le « patriarcat de Kiev », consacrant à cet effet de nouveau « évêques ».

On constatera que Philarète a été déposé pour avoir fait schisme, mais que cette cause, pour être l’une des principales, n’était pas la seule. L’acte judiciaire du Concile du 11 juin 1992 cite, entre autres, les inculpations suivantes : « méthode de direction autoritaire…, mépris absolu de la voix conciliaire de l’Église », « parjure », « déformation consciente des décisions authentiques du Concile épiscopal », « s’est attribué arbitrairement le pouvoir collégial ». Le bien-fondé de ces accusations a été, selon toute vraisemblance, rejeté sans examen par le Synode de Constantinople, mais bientôt démontré par Philarète lui-même, auteur d’un nouveau schisme, cette fois à l’intérieur même de la nouvelle structure, récidivant pratiquement dans la conduite qui avait motivé sa déposition il y a près de trente ans. Ainsi, le seul hiérarque de l’ancien « patriarcat de Kiev » à avoir été en son temps consacré canoniquement a quitté la nouvelle « église autocéphale », et rejeté publiquement le prétendu « tomos d’autocéphalie ».

Par ailleurs, la hiérarchie de la soi-disant « église orthodoxe autocéphale ukrainienne » a été totalement intégrée à « l’épiscopat » de « l’église orthodoxe d’Ukraine ». Or, cet « épiscopat » remonte aux « consécrations » opérées en 1990 par l’ancien évêque de Jitomir Jean Bodnartchouk (réduit à l’état laïc par une décision du Saint-Synode de l’Église orthodoxe russe en 1989) et par l’ex-diacre Victor Tchekaline (réduit à l’état laïc en 1998 pour des manquements à la moralité), un imposteur qui se fait passer pour évêque, sans avoir jamais été consacré, même par les schismatiques. Les schismatiques ont tenté de « prouver », à l’aide de documents falsifiés, qu’un autre hiérarque avait participé à la consécration des premiers « évêques » de l’EOAU avec Bodnartchouk, mais une expertise soigneuse, sur la base de documents d’archives, a établi que ces informations étaient totalement mensongères.

Une partie de la « hiérarchie » de « l’église orthodoxe autocéphale ukrainienne » a été reconsacrée par Philarète Denissenko, mais les « ordinations » de plusieurs « évêques » de cette structure remontent encore à Tchekaline, notamment la « consécration » de Macaire Malétitch, qui doit aussi la sienne à la hiérarchie « tchékalienne ». Sans même disposer de la succession apostolique, l’ex-archiprêtre Nikolaï Malétitch a été « rétabli » par le Patriarcat de Constantinople dans le titre « d’ex-métropolite de Lvov ». Ce fait démontre que le Saint-Synode du Patriarcat de Constantinople a rétabli les deux leaders avec leurs « hiérarchies » sans même avoir étudié les circonstances de leur départ vers le schisme et celles de leur condamnation, pas plus que la question de la succession des « consécrations » schismatiques, ni même sans avoir pris connaissance des principaux éléments de leur biographie.

2. Les limites d’application du principe d’économie

La condition première et absolument nécessaire à l’application du principe d’économie dans la réception d’évêques ou de clercs schismatiques dans l’Église, est l’expression de leur repentir. Saint Basile le Grand, dans sa première règle, stipule : « Quant à ceux qui sont dans les parasynagogues, lorsqu’ils se sont améliorés par une juste pénitence et un sérieux repentir, on doit les rattacher de nouveau à l’Eglise ». Il témoigne que « les personnages mêmes constitués en dignités, qui étaient partis avec les rebelles, sont admis dans le même ordre, lorsqu’il ont fait pénitence ». D’autres canonistes byzantins faisant autorité soulignent aussi, dans leurs commentaires, la nécessité du repentir : Jean Zonare, Théodore Balsamon et Alexis Aristène[1]. Le 8e canon du Ier Concile œcuménique , consacré à la réception des convertis du schisme des Novatiens, prescrit de les recevoir uniquement après qu’ils aient fourni un document écrit, certifiant qu’ils observeraient en toute chose les définitions de l’Église catholique. Enfin, le VIIe Concile œcuménique a reçu dans la communion de l’Église les évêques iconoclastes uniquement après que chacun d’eux a lu sa renonciation à ses précédentes erreurs (Ier acte du VIIe Concile œcuménique.)

Fondamentalement, l’application du principe d’économie aux schismatiques n’est possible qu’en observant un autre principe antique, suivant lequel ne peut lever une sanction que l’autorité ecclésiastique qui l’a infligée. Le 5e canon du Ie Concile œcuménique stipule que « ceux que les évêques, dans chaque diocèse, ont écarté de la communion ecclésiatique, qu’ils appartiennent au clergé ou aux laïcs, doivent s’en tenir à la règle selon laquelle ceux qui ont été écartés par les uns ne soient pas reçus par les autres » (voir aussi le 32e canon apostolique, le 6e canon du Concile d’Antioche). Par ailleurs, conformément au 2e canon du VIe Concile œcuménique, qui approuva des décrets semblables du Concile de Carthage, les individus excommuniés par le Concile de leur Église n’ont pas le droit de faire appel devant le tribunal du patriarche de quelque autre Église que ce soit. Ainsi, la question de la levée des sanctions des schismatiques et de leur réception dans leur ordre peut être résolue positivement soit par l’Église qui a infligé ces sanctions, soit par le Concile œcuménique, avec la participation obligatoire de l’Église locale qui a souffert de l’action des schismatiques, et en tenant compte de sa position.

On citera un exemple caractéristique d’économie envers les évêques mélétiens, qui firent schisme dans l’Église locale d’Alexandrie. C’est le Ier Concile œcuménique qui fut chargé d’examiner ce cas. Cependant, le Concile rendit son verdict avec la participation et en tenant compte de l’avis de l’évêque Alexandre d’Alexandrie, qui, suivant les actes conciliaires, était « le principal acteur et participant dans tout ce qui se produisait au Concile ». Plus près de nous, il a été mis fin de la même façon au schisme dans l’Église orthodoxe bulgare, au cours du Concile panorthodoxe de Sofia, en 1998. Par économie, il reçut dans leur ordre antérieur les hiérarques schismatiques, après que les derniers eurent fait pénitence et aient rejoint leur primat légitime, le patriarche Maxime de Bulgarie.

Ainsi, la décision unilatérale du Patriarcat de Constantinople sur la réception des schismatiques ukrainiens dans leur ordre antérieur ne peut être reconnue pour légitime, même en s’appuyant sur le principe d’économie, puisque deux conditions essentielles à son application n’ont pas été remplies : le repentir des schismatiques et leur réconciliation avec l’Église qu’ils avaient quittée et qui les avaient sanctionnés.

Il est fondamental que durant toute son histoire, l’Église orthodoxe, dans tous les cas d’application du principe d’économie aux schismatiques, avait affaire à des personnes dont la consécration remontait par la succession des chirotonies, au moins de façon formelle, à des évêques ayant été jadis canoniquement consacrés. Il n’y a pas, dans l’histoire, de précédent où seraient reçus « dans leur ordre antérieur » des individus dont la chirotonie remonte à des imposteurs n’ayant jamais reçu la consécration épiscopale. En ce sens, à l’égard de la majorité des « hiérarques » de la prétendue « église orthodoxe autocéphale ukrainienne », dont on a parlé plus haut, la formulation même de la question de l’application du principe d’économie est absolument impossible.

3.L’absence de légitimité de « l’église orthodoxe d’Ukraine »


Dans l’histoire de l’Église orthodoxe (notamment dans la période contemporaine), on compte plusieurs cas où l’état et les autorités politiques ont joué un rôle majeur dans la proclamation d’une autocéphalie. C’est de cette façon, au XIXe siècle et au début du XXe, que sont apparues la plupart des Églises autocéphales contemporaines. Ces processus, généralement, étaient la conséquence de la création d’un état national souverain (en Grèce, en Bulgarie, en Roumanie, en Serbie) et étaient envisagés comme un élément de la construction nationale. La légitimité de la nouvelle Église autocéphale était soutenue par la majorité de la population.
Le projet de création d’une Église ukrainienne autocéphale, proposé en 2018 par le président ukrainien Petro Porochenko, s’appuyait aussi sur l’affirmation que, si ce n’est tous, du moins une majorité des orthodoxes ukrainiens soutenaient l’idée d’autocéphalie. Dans ses déclarations publiques, le patriarche Bartholomée de Constantinople, s’étant vraisemblablement fié aux informations reçues des autorités ukrainiennes, se disait aussi certain que, si ce n’est l’ensemble de la population orthodoxe d’Ukraine, du moins la majorité, rejoindrait « l’église une ».

Cependant, les évènements ont montré de façon convaincante que l’idée « d’église autocéphale » n’était pas soutenue, en réalité, par la majorité des orthodoxes d’Ukraine. La structure créée par le Patriarcat de Constantinople, se compose presque uniquement des représentants de deux groupes schismatiques. Sur les 90 évêques de l’Église canonique, seuls deux ont rejoint la nouvelle organisastion. L’Église orthodoxe ukrainienne, présidée par le métropolite Onuphre de Kiev et de toute l’Ukraine, continue d’être la confession majoritaire du pays, tant par le nombre d’évêques, de clercs et de paroisses, que par la quantité de fidèles. Ce fait confirme une nouvelle fois un passage de l’Encyclique des patriarches orientaux de 1848 : « C’est le corps même de l’Église qui est le gardien de la piété, c’est-à-dire le peuple lui-même, qui a toujours le désir de garder une foi inchangée ».

La défaite aux élections présidentielles de 2019 de Petro Porochenko, qui avait fait de la proclamation de l’autocéphalie ukrainienne un point essentiel de sa campagne électorale, n’a fait que confimer que les prétentions de « l’église orthodoxe d’Ukraine » au rôle d’église nationale étaient bien mal fondées.

4.Déformation du rôle du premier évêque dans l’Église orthodoxe

Les membres et les experts de la Commission synodale biblique et théologique, a analysé en détail les thèses de la lettre du patriarche Bartholomée, dans les Commentaires susmentionnés. Ces thèses mettent en valeur les pleins-pouvoirs d’autorité exceptionnels des patriarches de Cosntantinople dans toute l’Église orthodoxe. Parmi ces thèses :

1) La doctrine d’une « responsabilité dépassant les frontières » du patriarche de Constantinople dans la résolution définitive de différentes situations canoniques dans les autres Églises locales, autrement dit le droit d’intervenir dans la vie interne de toute Église locale.
2) La doctrine du droit « au titre de tuteur » et « d’arbitre » afin de résoudre les désaccords entre les Églises locales, de « renforcer », même de sa propre initiative, les actes des primats des Églises autocéphales qu’il trouverait insuffisants ;
3) La représentation de « la primauté d’autorité » du patriarche de Constantinople au niveau universel comme condition absolument nécessaire à l’existence de l’Église, au même titre que la primauté d’autorité de l’évêque dans son diocèse ou celle du primat dans les limites de son Église locale ;
4) Le droit de définir et de redessiner les limites des Églises orthodoxes locales, de détacher des diocèses, un épiscopat, des clercs ou des laïcs de la juridiction sacrée, strictement défendue par les saints canons, d’une Église locale, et de les soumettre à une autre ; le droit de proclamer unilatéralement l’autocéphalie des parties d’autres Églises locales, même contre la volonté de l’autorité ecclésiastique ;
5) Le droit de recevoir et de juger en dernier recours les appels des évêques et des clercs de n’importe quelle Église autocéphale.

Les positions de cette nouvelle doctrine sont en contradiction avec la Sainte Tradition de l’Église du Christ ; elles déforment grossièrement l’ecclésiologie patristique, elles incitent les hiérarques et les théologiens du Patriarcat de Constantinople qui les défendent à la formation dans l’Orient orthodoxe d’un modèle de direction ecclésiastique se rapprochant du papisme médiéval. Les saints pères de l’Orthodoxie, les hiérarques et les théologiens des antiques Patriarcats orientaux, ont eu beaucoup à souffrir, confessant leur foi, dans la lutte contre l’idée papiste. L’Église orthodoxe russe s’en tient scrupuleusement à ce que ces pères ont défendu dans leur controverse avec le papisme dans les siècles passés. Il n’est pas superflu de citer un passage de l’Encyclique patriarcale et synodale de 1895, mentionné dans les Commentaires de la Commission sont il a été question plus haut, passage dans lequel la Sainte Église de Constantinople témoignait qu’elle partageait alors la vision orthodoxe de la primauté :

« De ce canon [28e canon du IVe Concile œcuménique, note de la CSBT]il ressort que l’évêque de Rome est égal en honneur à l’évêque de Constantinople et aux évêques des autres Églises, et on ne trouvera dans aucun canon, ni chez aucun des pères la moindre allusion à ce que l’évêque de Rome serait l’unique chef de l’Église catholique et le juge infaillible des évêques des autres Églises indépendantes et autocéphales. »

Cette foi, l’Église russe l’a reçue de sa Mère, l’antique Église de Constantinople, elle y tient fermement, n’acceptant ni déformations, ni innovations.

5. L’interruption de la communion eucharistique

A cause des procédés anti-canoniques du Patriarcat de Constantinople en Ukraine, l’Église orthodoxe russe a été forcée d’interrompre la communion eucharistique avec lui, guidée par les saints canons qui prescrivent clairement d’interrompre la communion avec ceux qui « restent en communion avec les excommuniés ». Il convient de se souvenir que, pendant le Ve Concile œcuménique, l’empereur saint Justinien a appelé les pères du concile à cesser de commémorer le pape Vigile, « ne lisant plus son nom étranger aux chrétiens dans les sacrés dyptiques, afin de ne pas communier par là à l’infamie de Nestorius et de Théodore ». Si poursuivre la communion avec un individu soutenant une doctrine condamnée par l’Église, signifie partager avec lui son infamie, quelle doit être la réaction à la réception à la communion par les hiérarques et les clercs de l’Église constantinopolitaine, de ceux que, jusqu’à ces derniers temps, l’ensemble de l’Orthodoxie reconnaissait pour des schismatiques privés de la grâce et pour des imposteurs ? N’est-ce pas un péché contre l’Église et contre la sainte Eucharistie ?

Cessant de commémorer le pape, l’empereur Justinien soulignait que, malgré ce qui s’était passé, « nous restons unis au siège apostolique…, car même la dégradation de Vigile ou de tout autre ne peut faire de tort à la paix des Églises » (Acta Conciliorum Oecumenicum. IV, 1. P. 202). C’est pourquoi l’Église russe ne s’est pas séparée et ne se sépare de rien de saint ni de véritablement ecclésial dans l’Église constantinopolitaine, cependant, qu’elle n’estime pas possible d’avoir part aux actes non canoniques de son primat, de ses hiérarques et du clergé, aspirant à en protéger ses fidèles enfants. Ainsi, le refus forcé de participer aux sacrements du Patriarcat de Constantinople, entré en pleine communion avec des individus privés de la succession apostolique, est dicté par la dévotion envers la Divine Eucharistie et l’impossibilité de partager, même indirectement, la sainteté du Sacrement avec les schismatiques.

Cette rupture forcée de la communion avec l’Église de Constantinople, est dictée par le souci de préserver la pureté de la foi et de suivre strictement la Tradition de l’Église.

Élevons d’ardentes et zélées prières au Dieu unique glorifié dans la Trinité, pour qu’il soit mis fin au plus tôt aux troubles provoqués par le Patriarcat de Constantinople, et pour le rétablissement de l’unité de pensée et de la charité dans l’Église orthodoxe.

[1] Jean Zonare : « Ceux qui se trouvent dans les parasynagogues sont reçus à nouveau dans l’Église s’ils se convertissent par une juste pénitence, ils sont alors reçus, souvent, dans le même ordre. »

Théodore Balsamon : « Ceux qui ont organisé des parasynagogues rejoignent à nouveau l’Église s’ils se repentent dignement, de telle façon qu’ils sont ensuite souvent reçus dans leur ordre antérieur. »

Alexis Aristène : « Ceux-ci, s’ils se repentent et se corrigent par une pénitence et une conversion justes, sont réunis à nouveau à l’Église, comme un seul corps » (Commentaires sur la 1e règle de saint Basile le Grand).

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Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 10 Décembre 2019 à 09:09 | 16 commentaires | Permalien

Trois des quatre églises proposées par la Ville de Rouen à des entrepreneurs privés vont être transformées en lieux de vie inédits
Les églises désacralisées de Rouen ont trouvé preneur, à l’exception de Saint-Paul, « dont l’accessibilité pose problème », reconnaît Christine Rambaud, adjointe au maire chargée de l’urbanisme et membre du jury d’élus qui a sélectionné les projets pour la reprise de trois édifices. Sainte-Croix-des-Pelletiers, Saint-Pierre-du-Chatel et Saint-Nicaise vont ainsi reprendre vie d’ici les prochaines années, grâce aux ambitions d’entrepreneurs locaux, qui prévoient de les transformer en brasserie, en hôtel restaurant luxueux ou en espace de coworking.

« Notre premier objectif était de sauver ces quatre monuments historiques, pour qu’ils continuent à être des éléments de l’attractivité de Rouen, explique le maire Yvon Robert, en référence à l’appel à projets lancé en mai dernier. Même avec des subventions, nous n’aurions pas les moyens de les restaurer. »

Sur les douze dossiers présentés, pour neuf porteurs de projets, trois ont ainsi été retenus par Guy Pessiot, conseiller municipal, Jean-Paul Ollivier, directeur régional des affaires culturelles de Normandie (Drac), ou encore Kader Chekhemani et Jean-Michel Bérégovoy, adjoints de quartier. Saint-Pierre-du-Chatel (rue Camille-Saint-Saëns) va ainsi devenir « La Métropolitaine », avec un restaurant sur deux niveaux, trois chambres d’hôtel haut standing et un rooftop. Saint-Nicaise, quant à elle, sera transformée en un lieu de production de bière (95 % seront vendus en dehors de l’église) et de consommation, avec notamment un restaurant de quarante couverts. « Un des deux orgues sera conservé pour jouer en journée », précise Pierre-Marie Soulat, porteur du projet.

Enfin, Sainte-Croix-des-Pelletiers (à deux pas de la place du Vieux-Marché) accueillera « Bek’Miettes », un café coworking, avec une halle gourmande, où il sera possible de profiter d’une formule entrée-plat-dessert à 10 €. « Les projets vont se nourrir les uns des autres », s’enthousiasme Édouard Laubies, à l’origine de ce dernier concept.

Évidemment, de tels chantiers demandent beaucoup de préparation, et la mairie va accompagner les entrepreneurs dans cette phase initiale. « Nous prenons la décision de continuer à travailler avec ces trois porteurs de projets. Il y a des choses à mettre au point, comme les permis de construire ou encore les techniques financières, l’objectif étant d’aboutir », poursuit Yvon Robert. Si la précipitation est exclue, donc, Christine Rambaud révèle que ces études complémentaires se feront « sur un calendrier relativement court », c’est-à-dire quelques mois.

Les projets ont été choisis selon plusieurs critères, dont la viabilité financière, le respect de la valeur historique de l’édifice — des architectes spécialistes du patrimoine sont intervenus — ou encore le potentiel à animer le quartier concerné. « Les projets devaient être portés par des privés et ne pas nécessiter de fonds publics. Il y a une conjonction entre les efforts des collectivités, notamment de l’État à travers la Drac, et de ces acteurs privés », complète Guy Pessiot. Pour l’historien Jean-Pierre Chaline, aussi membre du jury, il était essentiel que les habitants aient toujours accès aux églises. « Il n’était pas question de privatiser ces monuments, il fallait qu’ils continuent à être vus des Rouennais, notamment les vitraux de Saint-Nicaise ou les sculptures de Sainte-Croix-des-Pelletiers. Saint-Nicaise, notamment, est dans le cœur des Rouennais qui s’y sont mariés ou y ont enterré des proches. »

Il ne reste plus qu’à voir si les métamorphoses trouveront, à leur tour, leur place dans le cœur des riverains. Suite

Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 8 Décembre 2019 à 14:45 | 26 commentaires | Permalien

Mgr Jean, chef de l'Archevêché des paroisses de tradition russe, et Mgr Antoine, métropolite de Chersonèse et d'Europe occidentale, ont concélébré la divine liturgie à la cathédrale Saint Alexandre de la Neva
Le vendredi 6 décembre 2019 ont eu lieu des solennités à l’occasion de la fête onomastique de la cathédrale Saint Alexandre de la Neva. C’était la première liturgie commune concélébrée par les métropolites Jean et Antoine.

Participait à la liturgie les clergés des deux diocèses : le protopresbytre Anatole Rakovitch, l’archiprêtre Jean Gueit, l’archiprêtre Eugène Chapiuk, le protodiacre Jean Drobot… Il y avait dans la cathédrale de nombreux membres du clergé qui accompagnaient le métropolite Antoine : le père Maxim Politov, secrétaire de l’administration diocésaine, l’archiprêtre Nicolas Rehbinder, recteur de l’église des Trois Saints Docteurs à Paris et le protodiacre Nicolas Rehbinder de la cathédrale de la Sainte Trinité.

La liturgie a été chantée conjointement par les chorales des cathédrales Saint Alexandre et Sainte Trinité.

A la fin de la liturgie le métropolite Jean de Doubna a remercié le métropolite Antoine pour la joie de cette prière commune et sa participation à la cause de l’union de l’Archevêché avec le patriarcat de Moscou. Il a offert en cadeau à son hôte une icône de Saint Alexandre de la Neva.

Dans sa réponse Mgr. Antoine a salué au nom de Sa Sainteté Cyrille le métropolite Jean, tous les fidèles et leur a transmis sa bénédiction.
Puis les évêques, le clergé et les fidèles ont partagé un repas fraternel.

Le même jour les deux hiérarques ont eu un entretien cordial. Ils ont débattu de questions ayant trait aux relations inter orthodoxes ainsi que de la collaboration entre l’Archevêché et l’Exarchat.

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Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 8 Décembre 2019 à 10:41 | 6 commentaires | Permalien

Le troisième anniversaire de la dédicace de la cathédrale de la Sainte Trinité
Les 3 et 4 décembre 2019, fête de la Présentation de la Sainte Vierge Marie au Temple, nous commémorerons le troisième anniversaire de la consécration de la Cathédrale de la Sainte Trinité, quai de Branly.

Il y exactement trois ans le patriarche de Moscou Sa Sainteté Cyrille a, en présence de nombreux évêques et membres du clergé représentant les Eglises orthodoxes locales, présidé la consécration de la nouvelle cathédrale du diocèse de Chersonèse.

Des vêpres solennelles seront célébrées le 3 décembre à la cathédrale. L’office commencera à 18 heures.

Le lendemain, 4 décembre, fête de la Présentation de la Sainte Vierge au Temple, Monseigneur Antoine, métropolite de Chersonèse et d’Europe occidentale, Exarque du Patriarche, présidera la célébration de la Divine liturgie. Lui concélèbreront tous les évêques de l’Exarchat : Monseigneur Simon, archevêque de Bruxelles et de Belgique ; Monseigneur Elisée, archevêque de La Haye et des Pays-Bas ; Monseigneur Nestor, archevêque de Madrid et de Lisbonne ; Monseigneur Mathieu, évêque de Sourozh ainsi que Monseigneur Ambroise de Bogorodsk.

L’office commence à 9 heures.

Un repas fraternel aura lieu dans les salles de l’éparchie.
Ensuite le Saint Synode de l’exarchat se réunira dans les locaux du Centre spirituel, ce sera une première fois après l’institution dudit Exarchat. Tous les évêques venus à cette occasion à Paris y prendront part.

Dans le courant de la soirée aura lieu le vernissage d’une exposition d’icônes russes datant des XVI-XIXe siècles. L’exposition est intitulée « Epiphanie en couleurs ». Elle sera ouverte au public du 6 décembre au 12 janvier 2020.

Pour clore la journée, Nicolas Courjal, chanteur classique français bien connu, donnera un concert d’œuvres romantiques. Au programme des cantates de Brahms, Tchaïkovski, Paolo Tosti, Fernand de La Tombelle, etc.

« Des bulbes d’or dans le ciel de Paris » un livre de Xenia Krivochéine vient d’être publié en français. Il est consacré à l’histoire du Centre spirituel et de la construction de la cathédrale de la Sainte Trinité. Le livre est en vente à la librairie de la cathédrale. La date de sa présentation sera communiquée ultérieurement. LIEN

Третья годовщина освящения Свято-Троицкого кафедрального собора в Париже

3-4 декабря 2019 года, в праздник Введения Пресвятой Богородицы во Храм, в Париже состоятся торжества по случаю третьей годовщины освящения Свято-Троицкого кафедрального собора на набережной Бранли.... далее по ссылке

Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 5 Décembre 2019 à 12:32 | 7 commentaires | Permalien

Présentation de la Vierge Marie au Temple
L’Évangile ne nous apprend rien de l’enfance de Marie.

Son titre de Mère de Dieu efface tout le reste. Mais la tradition est plus explicite ; elle nous apprend que la Sainte Vierge, dans Son enfance, fut solennellement offerte à Dieu dans Son Temple. Cette présentation est le sujet de la fête qu’on célèbre aujourd’hui.

Où mieux que loin du monde, dans l’enceinte du temple, Marie se fût-Elle préparée à Sa mission ?

Douze années de recueillement, de prière, de contemplation, telle fut la préparation de l’Élue de Dieu.

Cet épisode de la vie de la Vierge Marie ne se trouve pas dans les quatre évangiles, mais dans un livre apocryphe, le "protévangile de Jacques". La piété populaire et la spiritualité mariale en furent marquées, car elle soulignait bien la disponibilité de la Vierge Marie, à l'égard de la volonté divine. Tant en Orient qu'en Occident, cette fête connut un grand succès.

Marie est bien prédestinée à devenir le temple vivant de la divinité. La scène est toute simple, selon cet évangile apocryphe: Anne et Joachim voulurent remercier Dieu de la naissance de cette enfant. Ils la lui consacrèrent. Lorsqu'elle eut trois ans, Marie fut conduite au Temple, un prêtre l'accueille par des paroles qui ressemblent au Magnificat et l'enfant s'assied sur les marches de l'autel. "Tout le peuple d'Israël l'aima". Cette fête est attestée dès le VIe siècle.

Présentation de la Vierge Marie au Temple
Voici, d’après saint Jérôme, comment se divisait la journée de Marie au Temple

Depuis l’aurore jusqu’à 9 heures du matin, Elle priait de 9 heures à 3 heures. Elle s’appliquait au travail des mains ; ensuite Elle se remettait à la prière, jusqu’au moment où arrivait Sa nourriture. Marie, au jour de Sa Présentation, nous apparaît comme le porte-étendard de la virginité chrétienne. Après Elle, viendront des légions innombrables de vierges consacrées au Seigneur, dans le monde ou à l’ombre des autels, Marie sera leur éternel modèle, leur patronne dévouée, leur guide sûr dans les voies de la perfection.

Les parents qui aiment Dieu Lui ont, de tout temps, consacré leurs enfants, avant et après leur naissance. Parmi les Juifs, existait de plus l’usage de consacrer quelques fois à Dieu les enfants en bas âge ; on les amenait au Temple, où avait lieu la cérémonie de la consécration, puis ils habitaient dans les dépendances du Temple et servaient les prêtres et les lévites dans leurs fonctions. Nous avons des exemples de cette consécration spéciale dans la personne de Samuel et de quelques autres saints personnages. Il y avait aussi des appartements pour les femmes dévouées au service divin.

Sedmiza

Entrée au Temple de la Mère de Dieu
In Saint Jean de Shanghai et de San Francisco
(1896-1966), thaumaturge.

Présentation de la Vierge Marie au Temple

Rédigé par Parlons d'orthodoxie le 4 Décembre 2019 à 16:00 | 14 commentaires | Permalien

L'Orthodoxie du bout du monde: Alaska orthodoxe
Le cimetière russe de Sitka, vieux de plus de deux siècles, a été vandalisé à plusieurs reprises par une bande de jeunes en septembre dernier. Il a pu être remis en état grâce au travail de Bob Sam, un bénévole de 65 ans qui s'en occupe depuis 1986 car sa famille y est enterrée. Le cimetière servait alors de décharge et Sam l'a entièrement déblayé et entretenu depuis. Cette fois il a été aidé par les recrues de l'école de police locale et les pompiers.


L'Orthodoxie du bout du monde: Alaska orthodoxe
LES ORTHODOXES DE L'ALASKA: L'HISTOIRE DES MISSIONS RUSSES

L'Amérique peut être atteinte en traversant l'Atlantique, mais plus facilement encore en traversant le Détroit de Béring. Tout naturellement, dans la foulée de son expansion vers l'Est, la Russie finit par atteindre l'Alaska.

Dès 1784, des comptoirs russes permanents furent établis en Alaska. De 1799 à 1867, l'Alaska fut administré par une compagnie russo-américaine, avant d'être cédé aux Etats-Unis d'Amérique.

En fait, les premiers aventuriers russes avaient déjà atteint l'Alaska avant 1784: quelques trappeurs russes parcouraient ces territoires. Bien que privés de tout clergé et peu instruits religieusement, ils se considéraient comme orthodoxes et baptisèrent les épouses indigènes qu'ils prenaient et les enfants qu'ils en avaient - non sans exploiter d'ailleurs quelque peu leurs "convertis"! Mais cela valut, des années plus tard, aux premiers missionnaires russes de rencontrer des Amérindiens se déclarant déjà chrétiens.

A la suite des démarches insistantes d'un négociant qui tenait à une présence orthodoxe russe en Alaska, Catherine II et le Saint Synode de l'Eglise russe donnèrent leur approbation. Ainsi arrivèrent huit moines sur l'île de Kodiak, au large de l'Alaska, le 2 octobre 1794. Une église dédiée à la Résurrection du Christ y fut construite la même année.

Comme toutes les épopées missionnaires, celle-ci connut ses épisodes dramatiques. Envoyé sur le continent, l'un des moines ne revint jamais, probablement tué par ceux auxquels il voulait apporter l'Evangile. En 1798, alors qu'il y avait déjà des milliers de convertis, l'un des membres du groupe fut envoyé à Irkoutsk pour y être consacré évêque - ce qui fut fait, mais il périt dans un naufrage sur le chemin du retour.

Bien que trouvant des âmes réceptives, la mission connut de nombreux obstacles durant des années, à commencer par le manque de clergé (les volontaires ne se pressaient pas au portillon!) et par l'attitude pas toujours favorable des commerçants russes, qui donnaient parfois une piètre image du christianisme.

Parmi ces premiers missionnaires se trouvait une figure attachante et dont le rayonnement se poursuit aujourd'hui: un moine nommé Germain (1756-1837), canonisé en 1970 par l'Eglise orthodoxe en Amérique sous le nom de Saint Germain de l'Alaska.

Homme d'une grande bonté, il pratiquait un monachisme rigoureux, dormant sur un banc de bois, avec une brique pour oreiller. Il construisit un ermitage sur une île aléoutienne, mais en prêtant en même temps attention aux populations indiennes: il se dévoua sans compter pour les enfants indigènes, notamment lors d'épidémies. Cet homme qui, par humilité, refusa toujours de devenir prêtre, gagna l'affection des Aléoutes, prenant leur défense face aux abus dont ils étaient l'objet, au point que certains commerçants russes tentèrent même de le faire expulser.

Cela fait plus de deux siècles déjà que l'Eglise orthodoxe est implantée en Alaska, où l'on peut dire qu'elle représente véritablement le christianisme indigène.

A sa mort, une tempête empêcha des personnes venues de l'extérieur d'atteindre l'île: selon les instructions laissées par le moine Germain, ses fidèles aléoutes l'enterrèrent, sans prêtre. Sa figure tomba dans l'oubli, avant d'être redécouverte des années plus tard. On trouve aujourd'hui son icône dans de nombreuses églises orthodoxes, en particulier aux Etats-Unis.

Le rude Alaska attirait des hommes de forte trempe - et l'un devint le véritable organisateur du christianisme orthodoxe dans cette région. Il s'appelait Innocent Veniaminov et allait devenir par la suite métropolite de Moscou, dix ans avant sa mort, en 1868.

A son arrivée en Alaska en 1824, il s'installa sur l'île d'Unalaska. Presque tous les habitants de cette île avaient été baptisés en 1795, mais laissés en grande partie à eux-mêmes par la suite, faute de clergé. Il construisit une église, apprit l'aléoute, créa un alphabet pour le transcrire et prépara même le terrain pour l'ordination de prêtres indigènes, ce qui était assez audacieux.


L'Orthodoxie du bout du monde: Alaska orthodoxe
En 1834, Innocent fut transféré sur l'île de Sitka, centre des colonies, où il apprit le tlingit et créa également un alphabet, en utilisant des caractères cyrilliques. Les Tlingits se montraient plus réticents à se convertir, d'autant plus qu'ils avaient vu de près les colons russes!

Innocent fut consacré évêque en 1840, lors d'un voyage en Russie. Il exerça un apostolat inlassable, construisant églises et écoles, multipliant les missions et encourageant les missionnaires à utiliser les mêmes méthodes que lui. En 1850, il y avait dans les territoires russes de l'Amérique du Nord 9 églises, 35 chapelles et 15.000 fidèles, desservis par 32 prêtres. Innocent poursuivit ensuite son labeur épiscopal sur le continent asiatique, chez les Yakoutes du Kamatchatka. Il a été canonisé en

L'Orthodoxie du bout du monde: Alaska orthodoxe
De façon presque prophétique, il vit dans l'achat de l'Alaska par les Etats-Unis une voie de la Providence pour diffuser la foi orthodoxe sur le continent nord-américain: il suggéra de déplacer alors le siège du diocèse à San Francisco, avec un évêque sachant parler l'anglais. Depuis cette époque, bien sûr, l'Eglise orthodoxe s'est fermement implantée aux Etats-Unis, mais avant tout par l'immigration en provenance de pays orthodoxes. (Sur la situation actuelle - statistiques, etc. - des Eglises orthodoxes aux Etats-Unis, on peut lire un article publié en mars 2002 sur Religioscope.)

Mais l'intégration dans les Etats-Unis valut aux orthodoxes indigènes de l'Alaska de nombreux problèmes. Pour beaucoup de représentants des nouvelles autorités, "assimiler" les Indiens signifiait les détourner de leur héritage orthodoxe, qui était devenue quasiment indissociable de leur identité. La foi orthodoxe ne correspondait pas au christianisme tel que le comprenaient les fonctionnaires américains!

De plus, en 1942, les îles Aléoutiennes furent envahies par les Japonais: cet épisode est peu connu, mais trois îles de cette zone furent la seule partie du territoire nord-américain occupée pendant la 2e guerre mondiale. Certains indigènes orthodoxes furent emmenés au Japon comme prisonniers de guerre; d'autres virent leurs maisons détruites par les forces américaines pour éviter de les voir tomber aux mains des Japonais et furent déportés dans le Sud de l'Alaska, où ils vécurent dans des conditions très précaires. De nombreux Aléoutes périrent - au Japon aussi bien qu'aux Etats-Unis - non pas dans des combats, mais en raison des pitoyables conditions d'existence qui leur étaient imposées de part et d'autre. 25 d'entre eux servirent cependant dans les forces armées américaines.

Après la guerre, ils retrouvèrent leurs villages dévastés (en partie par les troupes américaines elles-mêmes - ils ne retrouvèrent ni leurs icônes ni leurs bateaux). Certains ne furent même pas autorisés à rebâtir leurs villages. Ce ne fut qu'en 1988 (!) qu'ils finirent par recevoir du Président et du Congrès des Etats-Unis des excuses officielles pour le traitement qui leur avait été infligé et des compensations financières.

L'Orthodoxie du bout du monde: Alaska orthodoxe
Les orthodoxes de l'Alaska ont donc connu de nombreux problèmes, qui ne sont pas encore tous résolus.

Les efforts bien intentionnés d'aide sociale développés en Alaska à partir des années 1960 ont également causé des dégâts involontaires, comme dans de nombreuses autres communautés indigènes, avec l'alcoolisme, la violence et les actes de désespoir qu'engendrent ces situations (neuf suicides dans le Diocèse d'Alaska de l'Eglise orthodoxe d'Amérique durant le seul mois de février 2001...).

Pourtant, malgré ces difficultés, la foi orthodoxe reste bien vivante en Alaska. Le diocèse compte plus de 80 églises, desservies par 25 prêtres, et possède un séminaire. En outre, malgré les difficultés de l'histoire, l'héritage architectural de l'orthodoxie russe reste bien présent en Alaska: 38 églises sont considérées comme monuments historiques. Des efforts sont en cours pour les rénover et en assurer ainsi la préservation: six églises ont pu être rénovées entre 1992 et 2001 grâce aux indemnités de 1988, et dix autres églises ont été désignées en mai 2002 pour être restaurées dans le cadre d'un programme d'ensemble mené par une nouvelle association intitulée ROSSIA (Russian Orthodox Sacred Sites in Alaska).

L'Orthodoxie du bout du monde: Alaska orthodoxe
V.GOLOVANOW
Reportage complet (an anglais) et photographies ICI

Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 2 Décembre 2019 à 10:59 | 1 commentaire | Permalien

Paris : la paroisse Saint-Serge reste dans l’Archevêché
La paroisse Saint-Serge à Paris a voté aujourd’hui le 30 novembre 2019, lors de son assemblée générale ordinaire pour choisir sa juridiction ecclésiastique !

Voici les résultats : 31 voix pour le rattachement de la paroisse à l’Archevêché tel qu’il a été reçu par le Patriarcat de Moscou (Mgr Jean de Doubna) et 27 voix pour le rattachement de la paroisse à une structure issue de l’Archevêché dans le cadre de la Métropole grecque de France.
Orthodoxie. com

Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 1 Décembre 2019 à 09:32 | 12 commentaires | Permalien

Le père Grégoire : "la voie vers la Lumière ", réalisée par Alexey Vozniuk

A l'occasion des 50 ans de la mort du père Grégoire Krug (1907 - 1969), KTO diffuse un documentaire sur cet écrivain d'icône parmi les plus remarquables du monde orthodoxe. La vie de cet artiste hors du commun est pleine de paradoxe.

Né d'un mariage mixte protestant et orthodoxe, cet aquarelliste et graveur talentueux développe sa maîtrise de l'art de l'icône principalement à l'étranger en raison des événements de 1917 en Russie qui le force à s'installer à Paris.

Dans son ermitage du Saint-Esprit au Mesnil-Saint-Denis, une forêt dans la banlieue parisienne, l'artiste créé des icônes et des fresques dignes des meilleures écoles d'iconographie traditionnelle. L'occupation allemande de la France, et son enfermement dans un asile à la fin de sa vie n'auront pas raison de son oeuvre.

Qu'est-ce qui fait la particularité de son style ? Comment a-t-il mis ses talents au service de la foi ? Ce film vous permettra de pénétrer dans le symbolisme authentique de l'icône orthodoxe et de voir quel chemin le père Grégoire a dû emprunter pour le retrouver.

UNE PRODUCTION DES EDITIONS SAINTE-GENEVIEVE 2019

Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 30 Novembre 2019 à 10:06 | 2 commentaires | Permalien

Le hiéromoine Jérôme de Simonos Petras (1871-1957) et l’archimandrite Sophrony Sakharov (1896-1993), ont été canonisés par le Patriarcat œcuménique
Le Saint-Synode du Patriarcat œcuménique a publié le communiqué suivant au sujet des deux canonisations : « Le 27 novembre 2019 s’est réuni le Saint-Synode, sous la présidence de Sa Toute-Sainteté [le patriarche Bartholomée], afin d’examiner les travaux programmés pour sa session de trois jours. Après la lecture des procès-verbaux des séances précédentes a eu lieu l’examen des sujets portés à son ordre du jour.

En particulier, le Saint-Synode, acceptant le rapport de la Commission canonique, a inscrit au ménologe de l’Église orthodoxe le hiéromoine Jérôme de Simonos Petras, qui fut higoumène du monastère patriarcal et stavropégique de Simonos Petras, puis ensuite économe et père spirituel du metochion de l’Ascension de Vyronas dans l’Attique, et de l’archimandrite Sophrony Sakharov, higoumène et fondateur du monastère patriarcal et stavropégique Saint-Jean-Baptiste dans l’Essex, tous deux étant connus pour leur sainte vie ».

Le hiéromoine Jérôme de Simonos Petras (1871-1957) et l’archimandrite Sophrony Sakharov (1896-1993), ont été canonisés par le Patriarcat œcuménique
Le hiéromoine Jérôme de Simonos Petras, dans le monde Jean Diakogiorgis, naquit en Asie Mineure en 1871 et entra au monastère de Simonos Petras en 1888, où il devint moine en 1920. Le père Jérôme passa 43 ans au monastère de Simonos Petras, dont onze ans comme higoumène, et 26 ans au metochion de ce monastère à Athènes dédié à l’Ascension. C’est là qu’il décéda le 7 janvier 1957.

Grand ascète, ami des saints contemporains Nectaire d’Égine et Sabbas de Kalymnos, le père Jérôme fut un père spirituel renommé. On peut lire ici la traduction française de sa biographie écrite par le métropolite de Mésogée et de Lauréotique Nicolas.

Quant au père Sophrony, (dans le monde Serge Sakharov, image ci-dessus) il naquit en 1896 à Moscou.

Doué d’un grand talent artistique, Serge fit des études à l’académie des Arts entre 1915 et 1917, et ensuite à l’École de peinture, sculpture et architecture de Moscou entre 1920 et 1921.

En 1921, il quitta la Russie et s’installa à Paris en 1922, entreprenant ensuite des études de théologie à l’Institut Saint-Serge. En 1925, il quitta l’Institut et Paris pour devenir moine au monastère Saint-Pantéléimon sur le Mont Athos, où il devint disciple de saint Silouane l’Athonite. Après le trépas de celui-ci, le père Sophrony vécut dans la solitude, toujours sur le Mont Athos, à Karoulia, puis dans une caverne près du monastère Saint-Paul.

En 1941, il fut ordonné prêtre et devint père spirituel de nombre de moines athonites. Après la Seconde Guerre mondiale, il revint en France, cette fois à la Maison russe de Sainte-Geneviève-des Bois, où il assistait le prêtre local et confessait les fidèles.

Après avoir rassemblé un certain nombre de personnes aspirant à la vie monastique, il partit en Grande-Bretagne, où il fonda en 1959 le monastère Saint-Jean Baptiste à Maldon, dans l’Essex, dans la juridiction du Patriarcat de Moscou. En 1965, il se plaça avec son monastère sous la juridiction du Patriarcat de Constantinople. Connu pour sa biographie de saint Silouane, le père Sophrony écrivit plusieurs ouvrages sur la vie spirituelle orthodoxe. Il fut aussi père spirituel de nombreux clercs et laïcs, le père Sophrony décéda en 1993 à Maldon. Lien

Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 28 Novembre 2019 à 16:53 | Permalien

Des paroisses d’Europe sont de retour dans l’Église russe : comment et pourquoi est-ce arrivé ?
Mi-septembre certains paroissiens ont pleuré de joie pendant les offices. Quelle blessure sur le corps de l’Église russe a-t-elle enfin commencé à cicatriser ces derniers temps ? Pourquoi cette souffrance a-t-elle mis tant de temps à être surmontée ? La revue « Foma » s’entretient de l’événement historique dont nous avons été témoins récemment, avec l’évêque de Zelenograd Savva /Toutounov/ , vice-chancelier du Patriarcat de Moscou.

Mgr Savva vit aujourd’hui en Russie et célèbre dans l’Église orthodoxe russe. Mais quand il était enfant, lui et sa famille fréquentaient l’une des églises de l’Archevêché en France. Il a été témoin de la vie des paroisses russes en Europe alors qu’elles étaient séparées de l’Église russe, et il comprend bien les raisons pour lesquelles leur retour à la maison a suscité une telle émotion chez le clergé et les fidèles.

Le 4 septembre 2019, une nouvelle page de l’histoire de la Guerre civile a été tournée : le Saint Synode a accueilli au sein de l’Église orthodoxe russe le chef de l’Archevêché des paroisses de tradition russe en Europe occidentale, l’archevêque Jean (Renneteau), ainsi que toutes les paroisses et leur clergé qui le souhaitaient. Deux semaines plus tard, lors de la réunion pastorale de l’Archevêché, une majorité absolue des membres du clergé de celui-ci a décidé de rejoindre le Patriarcat de Moscou ; le 7 octobre le Saint Synode a statué de recevoir l’Archevêché dans les rangs de l’Église orthodoxe russe.

Le dimanche 3 novembre, au cours de la liturgie célébrée en l’église du Christ Sauveur à Moscou, sa Sainteté le Patriarche Cyrille a remis à l’archevêque Jean de Doubna la gramata synodale du rattachement de l’Archevêché des paroisses de tradition russe en Europe occidentale à l’Église orthodoxe russe. L’office solennel célébré en l’église du Christ Sauveur dans le cadre des festivités organisées du 2 au 4 novembre, fut ainsi le point d’orgue de la réunion de l’archevêché des paroisses de tradition russe en Europe occidentale à l’Église orthodoxe russe.


L’Archevêché est l’héritier de l’un des fragments, résultats des événements du début du 20e siècle, et de la cassure de l’Église orthodoxe russe qui s’en est ensuivie. Ce fragment s’est construit avec les paroisses fondées par les russes ayant fui en Europe après la révolution de 1917. Au début celles-ci dépendaient de l’Église russe, mais en 1931, à la suite d’une série d’événements tragiques qui ont provoqué une scission, les paroisses dirigées par le métropolite Euloge (Gueorguievski) ont rejoint le Patriarcat de Constantinople. Si l’Archevêché revient aujourd’hui au sein du Patriarcat de Moscou, c’est que Constantinople lui-même l’a provoqué, en abrogeant l’année dernière le « statut particulier » garantissant à l’Archevêché de conserver ses particularités liturgiques et administratives.

***

Monseigneur, sur les réseaux sociaux on a écrit que certains paroissiens qui ont rejoint le Patriarcat de Moscou, avaient les larmes aux yeux en entendant le diacre proclamer le nom du Patriarche Cyrille. Qu’est-ce qui les a ainsi touchés ?

Mgr Savva: Bien sûr, les gens étaient très heureux. Mais à mon avis les raisons en étaient diverses.

Certains paroissiens ont toujours ressenti de façon très forte leur lien avec l’ancienne Russie, et se souviennent qu’ils sont les descendants d’émigrés russes. Bien sûr, essentiellement ils appartiennent aux générations les plus âgées.

Une autre partie des paroissiens, pour qui cet événement a une grande importance, sont ceux qui ont émigré ces dernières années. Il se sont toujours considérés comme membres de l’Église russe et ne comprenaient pas vraiment les raisons de la rupture.

Enfin la troisième partie comprend ceux qui ont pris à cœur le passage de Monseigneur Jean dans le Patriarcat de Moscou. Ce sont en grande partie des descendants des émigrés russes, la plupart du temps complètement assimilés à leur environnement occidental et ayant même pratiquement oublié la langue russe, mais aussi des personnes originaires des pays d’Europe occidentale, membres de paroisses de tradition russe. Pour eux, rejoindre l’Église russe permet de conserver toutes les spécificités de leur vie paroissiale telles qu’elles se sont développés au sein de l’Archevêché. L’Église russe a protégé leur Archevêché de la débâcle suscitée par Constantinople.

À la suite des récents événements, un prêtre d’Europe, jusque-là critique du Patriarcat de Moscou, a écrit à un de mes amis, que, bien sûr, il fallait suivre Monseigneur Jean au sein du Patriarcat de Moscou, parce que l’Église orthodoxe russe – « a été la seule à faire preuve de miséricorde envers nous ». Comme elle l’avait annoncé, l’Église orthodoxe russe, durant sa réunion synodale du 7 octobre, a statué de maintenir l’Archevêché ainsi que les traditions dans lesquelles elle vit – administratives, liturgiques…

Il y a vraiment dans les paroisses d’Europe occidentale beaucoup de belges, de français, d’autres européens de souche ?

Mgr Savva: Oui, c’est l’un des fruits de l’activité pastorale des prêtres et des théologiens de l’émigration russe. On peut évoquer des noms comme celui de Vladimir Lossky ou de son fils Nicolas, devenu plus tard prêtre… Une grande partie des paroissiens des paroisses d’Europe occidentale sont originaires de ces pays. Ce sont des gens actifs, beaucoup d’entre eux s’engagent dans le patriarcat de Moscou pour suivre Monseigneur Jean – qui d’ailleurs est lui-même un français de souche.

Vous avez étudié en détail l’histoire de la création de l’Archevêché. Quelles étaient vraiment les raisons profondes de la division de l’Église russe à l’époque ?

Mgr Savva: Elles prennent leur racine dans le régime politique de l’Union Soviétique. Dans les années 1930 les relations des paroisses à l’étranger avec le synode de Moscou étaient devenues difficiles du fait du contexte politique. En conséquence l’Église russe hors-frontières a choisi la voie de l’autonomie totale, quant au métropolite Euloge (Gueorguievski), qui se trouvait à la tête des paroisses russes en Europe occidentale, a décidé de rejoindre temporairement le Patriarcat de Constantinople. Tout cela a eu lieu dans le contexte de l’absence de liberté en U.R.S.S.

Certaines paroisses sont cependant restées au sein du Patriarcat de Moscou, plus tard leur nombre a grandi. Que serait-il arrivé, si tout le monde était resté ? Il est difficile d’en parler en mode subjonctif. Mais je pense que c’est justement parce que peu de paroisses à l’étranger étaient rattachées au Patriarcat de Moscou, qu’elles ont pu continuer à vivre plus ou moins tranquillement.
Je suis justement en train de lire des extraits du journal de Pierre Evgrafovitch Kovalevsky : il était le premier sous-diacre du métropolite Euloge jusqu’à la mort de celui-ci. Pierre Kovalevsky a vécu jusqu’en 1978, il a laissé un journal d’un grand intérêt. Il y raconte, par exemple, qu’en 1945 la représentation permanente de l’Union Soviétique à Paris a déclaré que tous les émigrés de Russie qui en feraient la demande pourraient obtenir la citoyenneté soviétique. Après la victoire contre l’Allemagne nazie il régnait en Europe une grande exaltation, et certaines personnes brûlaient du désir de rentrer en Russie soviétique.

Mais très vite il devint clair, que le pouvoir soviétique n’envisageait pas pour toutes ces personnes qu’elles rentrent en Union Soviétique ; l’idée était que, devenues soviétiques, elles resteraient en France et dans les autres pays où elles vivaient. Kovalevsky estimait que le pouvoir soviétique voulait faire de ces gens des agents répandant son influence en Occident.

Je n’exclus pas, que les représentants des juridictions à l’étranger de l’Église russe ne craignaient quelque chose de ce genre. D’où leur répugnance à être ensemble. La situation politique était tout de même assez complexe. Cependant, je tiens à le souligner, le métropolite Euloge a toujours insisté sur le fait que le passage des paroisses d’Europe occidentale dans la juridiction de Constantinople était temporaire ! Le métropolite Euloge lui-même a rejoint en août 1945 le Patriarcat de Moscou, mais il est mort peu de temps après, et les paroisses qu’il dirigeait revinrent à Constantinople. Mais, je le répète, cette séparation a toujours été considérée comme temporaire – jusqu’à ce que les conditions de vie de l’Église ne se normalisent, jusqu’à ce que les échanges avec le trône patriarcal de Moscou ne rencontrent plus d’obstacle.
Des paroisses d’Europe sont de retour dans l’Église russe : comment et pourquoi est-ce arrivé ?

Quels étaient les obstacles à ces échanges ?

Mgr Savva: Je pense qu’en Europe occidentale l’on craignait – avec raison ou non, je n’en jugerai pas – que les décisions prises à Moscou concernant les paroisses à l’étranger, ne seraient pas entièrement exemptes de politique. Que Moscou ne tiendrait pas compte de la spécificité des paroisses agissant dans des pays qui à cette époque se trouvaient en opposition à l’U.R.S.S.

On dit que Constantinople a joué un rôle non négligeable dans cette séparation ?

Mgr Savva: En 1931, lorsque le Patriarche Photius de Constantinople a accueilli Monseigneur Euloge et les paroisses qu’il dirigeait et qui cherchaient un asile, le tomos du rattachement soulignait que ces paroisses restaient russes et qu’elles devraient un jour revenir dans l’Église russe. Mais en 1945, après le bref retour des paroisses d’Europe occidentale au sein du patriarcat de Moscou, le patriarche de Constantinople faisait déjà valoir ses droits exclusifs à diriger toutes les paroisses situées hors des territoires des Églises autocéphales. Dont les paroisses de tradition russe en Europe occidentale. Dès après la guerre et durant toutes les années qui on suivi, Constantinople a insisté de plus sur l’exclusivité de ses soi-disant droits. Bien sûr, cela a gravement influé sur les relations ultérieures entre l’Archevêché et le Patriarcat de Moscou.

Les paroissiens des églises russes souffraient-ils vraiment de leur séparation de l’Eglise russe ? La vivaient-ils comme une tragédie ?

Mgr Savva: Personnellement je n’ai pas eu ce sentiment d’une rupture tragique. J’étais tout de même un émigré de seconde génération et je me rendais très souvent en Russie – au moins une fois par an. Je communiais et je me confessais sans problème dans les églises russes. Et de façon générale, j’ai grandi dans l’attente constante de voir un jour le pouvoir soviétique disparaître et de pouvoir rentrer en Russie.

Cependant, le clergé du Patriarcat de Moscou, celui de l’Église russe hors-frontières et de l’Archevêché des paroisses de tradition russe en Europe occidentale ne célébraient pas ensemble. Il y avait des exceptions : bien sûr, pas au niveau des évêques, mais parmi les prêtres : par exemple, lors des offices célébrés dans les camps d’enfants, qui rassemblaient en été des enfants des trois juridictions. En France il y en avait deux : le camp de l’ACER, et celui de l’organisation des « Vitiaz ». Les enfants qui y allaient, venaient de paroisses diverses, et les prêtres leur donnaient la communion sans se demander d’où ils venaient.

En ce qui concerne les laïcs, bien sûr chacun avait son église où il allait, mais il n’était guère exceptionnel de voir les paroissiens d’une juridiction se rendre dans l’église d’une autre juridiction et y communier. Je ne l’ai jamais fait, parce que dès mon plus jeune âge j’ai servi dans une seule et même église, mais je pense que cela arrivait.

En d’autres termes, la séparation n’était que nominative ?

Mgr Savva: Non, on ne peut non plus dire cela. Il pouvait y avoir des difficultés, par exemple pour des funérailles, si le défunt fréquentait une église d’une autre juridiction. Ou bien lors d’un mariage – si les fiancés venaient de lieux différents. J’ai entendu dire qu’il y avait eu des refus, mais personnellement je n’en ai jamais connu. On ressentait bien sûr, à quelle point cette situation était douloureuse. Le fait même pour le clergé de ne pouvoir célébrer ensemble, était significatif. Malgré tout, il arrivait à certains membres du clergé de célébrer ensemble, par exemple lors de mariages ou de funérailles : l’émigration est un cercle restreint, tout le monde ou presque se connaît ou est apparenté, quelle que soit la juridiction. Pierre Kovalevsky en donne des exemples.

Les prêtres de l’Église russe hors-frontières étaient particulièrement isolés. Le clergé du patriarcat de Constantinople occupait quant à lui une position intermédiaire.

Si la séparation était due principalement à l’existence de l’État soviétique, pourquoi alors le Patriarcat de Moscou et l’Archevêché ne se sont-ils pas rejoints en 1991 ?

Mgr Savva: Je pense que les paroisses d’Europe occidentale ont eu besoin de temps pour se convaincre que la Russie était vraiment libérée, que le pouvoir soviétique ne reviendrait pas dans un an ou deux. Puis, la dernière tentative de réunion en 1945 avait eu presque 50 ans auparavant – c’est long. Les gens ont pris des voies différentes ; et il y avait la position particulière du Patriarcat de Constantinople, dont j’ai déjà parlé.

C’est l’archevêque Serge /Konovalov/ élu à la tête des paroisses de tradition russe d’Europe occidentale en 1993, qui a initié le rapprochement avec l’Église russe. Il lui a suffi de deux ans pour obtenir que la communion eucharistique soit rétablie au niveau épiscopal. En 1995, il célébrait déjà avec sa Sainteté le Patriarche Alexis II. Je m’en souviens, c’était le dimanche des Femmes Myrrhophores, peu de temps après le Jour de la Victoire. Puis Mgr Serge a commencé d’œuvrer pour la réunion canonique – tâche beaucoup plus complexe. Il fallait surmonter la résistance de certains clercs et laïcs, qui estimaient que l’Église russe ne s’était pas libérée des conséquences de sa vie en U.R.S.S., qu’elle était toujours « soviétique ». Jusqu’à septembre dernier ce problème n’avait pas été résolu.
Des paroisses d’Europe sont de retour dans l’Église russe : comment et pourquoi est-ce arrivé ?

Qu’est-ce qui a réellement changé pour les paroissiens des églises d’Europe occidentale qui ont suivi l’archevêque Jean ?

Mgr Savva: Avant tout, la communion eucharistique est restaurée, après avoir été rompue il y a un an, puisque l’Archevêché se trouvait au sein du Patriarcat de Constantinople. Par ailleurs, on peut dire que le statut de l’Archevêché s’est même amélioré. Pendant des années, l’Archevêché a pensé que son existence, et la sauvegarde de ses traditions, était importante pour Constantinople, que celui-ci ne prendrait jamais de décision à son sujet sans consulter ses évêques. Mais il s’est avéré que pour Constantinople, l’Exarchat n’était pas même un diocèse, simplement un ensemble de paroisses dirigé par un « exarque », c’est-à-dire un fondé de pouvoirs du Patriarche. Aussi, la décision prise par Constantinople d’abolir l’Archevêché était parfaitement logique – de son point de vue, bien sûr. De son côté, l’Église orthodoxe russe, en accueillant l’Archevêché au sein du Patriarcat de Moscou, considère celle-ci comme un diocèse à part entière ayant son propre statut, et a bien l’intention d’en respecter les traditions. De cette façon, au sein de l’Église orthodoxe russe, l’Archevêché aura une position bien plus stable que dans le Patriarcat de Constantinople.

Vous avez dit que vous étiez né dans une famille d’émigrés ? Comment votre famille s’est-elle retrouvée en Europe ?

Mgr Savva: Ma mère descend d’émigrés blancs. Ses parents sont arrivés en France dans leur enfance. Elle-même est née à Paris, c’est là qu’elle a fait ses études. Son père, un ingénieur, a commencé à voyager en Union Soviétique – à l’époque des ingénieur français coopéraient à la mise en place de divers projets en U.R.S.S. Sa femme, ma grand’mère, étaient apparentée à mon autre grand’mère – la mère de mon père. Grâce à cela, mon grand-père a rencontré les parents de mon père, puis ce fut le tour de mes parents.

Ma mère était alors interprète, à la fin des années 70 elle est venue à Moscou sur l’hôtel « Cosmos » que construisaient des français. Mes parents se sont mariés ici, et m’y ont ramené juste après ma naissance. Nous sommes rentrés en France juste avant les Jeux Olympiques de 1980.

Après cela, nous avons vécu en France, mais chaque été je venais pour 2-3 mois chez mes grands-parents, les parents de mon père, qui avaient une datcha dans la région de Moscou. Mon père n’a pas bougé de France jusqu’à la fin des années 80 : nous craignions, s’il revenait à Moscou, qu’on ne le laisse plus repartir. Mais nous étions, ma mère et mes frères, de nationalité française, et nous venions en Russie assez librement. Dans tous les cas, on nous délivrait les visas nécessaires.

Votre famille allait à l’église ?

Mgr Savva: Qui dépendait du Patriarcat de Constantinople…
Oui. C’était l’église des Saints-Constantin-et-Hélène-égaux-aux-apôtres – pour autant que je sache la toute première église construite en France par la première vague de l’émigration russe. On avait construit des églises orthodoxes en France avant la révolution de 1917, comme la cathédrale Saint-Alexandre-Nevsky à Paris, la cathédrale Saint-Nicolas à Nice, et d’autres ; mais de celles qui furent construites après la révolution, notre église était la première. Elle se trouve à Clamart, dans la banlieue de Paris, et à l’époque elle faisait partie du Patriarcat de Constantinople.

Quels sont vos souvenirs de la vie de l’Église de cette époque ?

Mgr Savva: Sans doute que toutes les paroisses – dans tous les cas leur très grande majorité – était très petites. Tous les paroissiens se connaissaient, le prêtre connaissait le nom de chacun. Cela marquait de façon particulière les relations au sein des communautés, la vie des paroisses.
En fait, dans tout le « Paris russe » – une dizaine de paroisses – la plupart des membres des paroisses se connaissaient et tissaient des liens étroits, beaucoup étaient apparentés. Parfois les relations pouvaient ressembler à celles des logements communautaires, aussi bien dans le bon que dans le moins bon sens : commérages qui se répandent, querelles qui fusent, etc… Mais d’une façon ou d’une autre les relations étaient très personnelles, et c’était le point fort des paroisses russes de l’étranger.

Évidemment, ce n’étaient plus des émigrés, mais les descendants de ceux qui avaient quitté la Russie dans les années 20 ?

Mgr Savva: Bien sûr, dans ma jeunesse la majorité de ceux qui avaient quitté la Russie avec la première vague de l’émigration, n’étaient plus de ce monde. À quelques rares exceptions près, comme mon arrière-grand-mère – la grand’mère de ma mère. Mon grand-père a également vécu jusqu’au début des années 1990, mais lui avait émigré dans son enfance.

Mais il y avait encore un grand nombre de ceux qu’il est convenu d’appeler « les personnes déplacées » : pendant la Seconde guerre mondiale les allemands les avaient pris dans les territoires occupés en U.R.S.S., et emmenés dans des camps en Europe occidentale ; beaucoup y sont restés après la guerre. Mais si l’on parle des représentant du mouvement blanc – bien sûr je n’ai connu les représentants que des 2ème et 3ème générations.

Quelle était leur attitude vis-à-vis de l’Église orthodoxe russe ? Ne pensaient-ils pas qu’il valait mieux se tenir loin de « l’Église soviétique » ?

Mgr Savva: Parmi les paroissiens du Patriarcat de Constantinople, je n’en ai pas souvenir. Nous comprenions tous, que l’Église russe était victime de persécutions, pendant la liturgie on disait toujours une prière pour « notre pays la Russie qui souffre». Je ne me souviens que deux-trois personnes qui, de temps en temps, médisaient de « l’Église soviétique », mais ils étaient plutôt une exception, et pour moi ils étaient bizarres.

Dans quelles conditions êtes-vous passé de la juridiction du Patriarcat de Constantinople à celle du Patriarcat de Moscou ?

Mgr Savva: J’ai toujours voulu revenir en Russie. Durant mes dernières années d’études à Orsay-Paris XI, j’étais sous-diacre auprès de Mgr Serge (Konovalov), et je m’apprêtais à rester à ses côtés et à l’assister autant que nécessaire. D’autant plus que Mgr Serge, comme je l’ai déjà dit, œuvrait beaucoup au retour de l’Archevêché au sein de l’Église orthodoxe russe. En 1999 il m’a envoyé étudier au séminaire de Moscou, mais je rentrais à Paris pendant les vacances scolaires et je continuais d’assister Mgr Serge. Lors de l’un de mes séjours à Paris, il m’a tonsuré moine.

En 2003, Mgr Serge est mort subitement d’un grave cancer. Il ne restait quasiment que quelques jours avant qu’il ne présente ne au conseil diocésain sa proposition de rattachement à l’Église orthodoxe russe…
Mais après la mort de Mgr Serge, le conseil diocésain et d’autres instances dirigeantes de l’Archevêché ont vu arriver des personnes qui rejetaient l’idée de rattachement à l’Église orthodoxe russe. Cette attitude n’a fait que se renforcer : l’Église russe a été de plus en plus la cible de reproches, qu’elle était trop autoritaire, qu’elle était, disaient-ils, trop proche de l’État… Je ne partageais pas ces opinions.

À mon sens, l’existence de l’Archevêché était légitime – d’un point de vue historique et canonique – justement pour mener à bien en son temps l’intention de Mgr Euloge de revenir à l’Église russe. Comme la nouvelle direction de l’Archevêché montrait clairement son refus de prendre cette voie, j’ai décidé de l’emprunter tout seul.
Des paroisses d’Europe sont de retour dans l’Église russe : comment et pourquoi est-ce arrivé ?

Évêque de Zelenograd Savva /Toutounov/


Né en 1978 à Paris dans une famille d’émigrés russes. A vécu à Paris à partir de l’âge de 2 ans, mais, tous les étés, rendait visite à ses grands-parents en U.R.S.S., puis en Russie. À 17 ans (1995), est consacré lecteur en la cathédrale Saint-Alexandre-Nevsky à Paris. En 1996-1999, fait des études à l’université Orsay-Paris XI, obtenant une licence de mathématiques fondamentales. En 1999-2001 étudie au séminaire de Moscou, puis à l’académie théologique de Moscou qu’il termine en 2005 après la soutenance d’une thèse de Candidat. Avant son entrée à l’académie, est tonsuré moine par l’exarque des paroisses russes en Europe occidentale l’archevêque Serge d’Eucarpie, avec le nom de Savva (en l’honneur du saint Savva de Storoji). En 2003, quitte la juridiction de l’Exarchat des paroisses russes en Europe occidentale du Patriarcat de Constantinople.

À partir de janvier 2006, travaille au sein du département des relations extérieures du Patriarcat de Moscou. La même année, le métropolite Cyrille de Smolensk et de Kaliningrad, aujourd’hui sa Sainteté le Patriarche Cyrille de Moscou et de toute la Russie, l’ordonne diacre puis prêtre.

En 2007, sa Sainteté le Patriarche Alexis II lui décerne la médaille de Saint Serge de Radonège pour sa participation à la restauration de l’unité ecclésiale avec l’Église russe hors-frontières. Après l’élection de sa Sainteté le Patriarche Cyrille, est nommé secrétaire de la commission de mise en place du Conseil Inter-Conciliaire, et simultanément secrétaire de la Chancellerie du Patriarcat de Moscou.

En 2010 est nommé vice-chancelier du Patriarcat de Moscou et responsable du service de contrôle et d’analyse de la Chancellerie du Patriarcat de Moscou.

Le 26 février 2019 est élu vicaire de sa Sainteté le Patriarche de Moscou et de toute la Russie, évêque de Zelenograd, avec maintien de ses missions au sein de la Chancellerie du Patriarcat de Moscou.

Source en russe

Traduction "PO"
Des paroisses d’Europe sont de retour dans l’Église russe : comment et pourquoi est-ce arrivé ?

Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 28 Novembre 2019 à 02:10 | 3 commentaires | Permalien

Paradoxal anachronisme... 
Quoi qu'on dise de la Fédération de Russie, la séparation de l'Eglise  et de l'Etat y est bien réelle. Même l'état civil est en Grèce géré par les entités confessionnelles. Ce qui a été critiqué par le Conseil de l'Europe. Constantinople y a mis en place, avec Porochenko,  une église nationaliste en Ukraine.
"PO"

Le parlement grec a rejeté les amendements à la constitution, prévoyant la séparation de l’Église et de l’État. Lors du vote, le 25 novembre 2019, les différents amendements visant à la « neutralité religieuse » n’ont reçu que de 83 à 124 suffrages sur les 300 que compte le parlement hellénique. En Grèce, l’Église n’est pas séparée de l’État, et le président, le premier-ministre et les membres du gouvernement prêtent habituellement serment sur l’Évangile devant l’archevêque d’Athènes, au nom « de la Sainte, Consubstantielle et indivisible Trinité ».

Le gouvernement précédent, avec à sa tête le premier-ministre Alexis Tsipras, avait proposé d’introduire la « neutralité religieuse » de l’État, tout en conservant « pour des raisons historiques et pratiques la reconnaissance de l’Église orthodoxe comme religion dominante ». Ayant perdu les élections, le parti SYRIZA d’Alexis Tsipras n’était pas parvenu à introduire ses modifications à la constitution hellénique. Suite

В православной Греции церковь не отделена от государства, и президент, премьер-министр, а также члены кабмина обычно принимают присягу перед архиепископом Афинским и всей Греции на Евангелии, давая клятву именем "Святой, единосущной и нераздельной Троицы". Далее по ссылке

Lire aussi Les aventures d’un Tomos et Le président Porochenko s’est engagé auprès du patriarche Bartholomée de lui transmettre des biens immobiliers en échange du Tomos

Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 27 Novembre 2019 à 19:54 | 12 commentaires | Permalien

Père Zenon - dans le monde Vladimir Theodore - est né dans le sud de l'Ukraine en 1953, de sorte que les trente-huit premières années de sa vie se sont passées sous le communisme athée. Lui et sa famille vivait dans la région de Mykolaïv près d'Odessa, dans la petite ville de Pervomaïsk. Dans les interviews, il a souvent souligné que cette région était autrefois une très grande colonie Grecque. Ce fait pourrait bien avoir influencé sa convictions que l'iconographie russe doit retourner à ses racines byzantines si elle souhaite atteindre à nouveau les sommets qu'elle a obtenu au XVe siècle. Suite

Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 23 Novembre 2019 à 11:08 | 0 commentaire | Permalien

p. Georges Kotchetkov:" Après sa dissolution par Constantinople, l’archevêché des églises russes en Europe occidentale doit choisir"
Après sa dissolution par Constantinople, l’archevêché des églises russes en Europe occidentale doit choisir : ou se dissoudre ou se soumettre et… rejoindre l’Église orthodoxe russe ? Ou encore créer une nouvelle situation transitoire ?

Le père Georges Kotchetkov , recteur de l’institut Saint Philarète à Moscou, a pendant longtemps été proche du professeur Nikita Struve et du cercle que celui-ci animait. Il y a un certain temps il a changé d’attitude à l’égard des responsables de l’archevêché et de l’Institut Saint Serge: A propos de la situation au sein de l'Archevêché: "Ne pas répudier le patrimoine" Voici un texte qui montre à quel point il est préoccupé par la situation actuelle

Il est difficile de dire ce qui se passe à l’archevêché après sa dissolution par Constantinople le 27 novembre et, comme il est dit dans le communiqué, l’affectation des paroisses « à différentes métropoles du Patriarcat ». C’est difficile non seulement parc que la situation est dramatique et impossible à résoudre au mieux dans la concorde, mais aussi, pour parler vrai, c’est démasquer les uns et verse du sel sur les plaies des autres. Aucun ne s’est montré sous son meilleur jour, ni Moscou, ni Constantinople (Istamboul), ni l’Archevêché.

Grâce à leur amour pour l’Église russe, l’orthodoxie est devenue le thème principal de la chrétienté mondiale.

L’histoire de l’Archevêché comporte en nombre des pages glorieuses, mais aussi beaucoup de discutables, il y en a même de peu glorieuses depuis les années trente, c’est-à-dire depuis la naissance de cet Archevêché, cet Exarchat. Depuis la fin du XXe siècle, l’interminable crise qui affecte l’Archevêché vient d’une part de ce qu’il se considère comme l’héritier de la tradition russe, et, d’autre part, de ce rêve quelque peu fantastique de créer en Europe occidentale une Église orthodoxe locale autocéphale, pourquoi pas française.

Cette idée fumeuse de leur rôle et de leur place est due au fait que nombre de descendants de la première et de la deuxième émigration n’ont pas préservé la tension spirituelle et le potentiel créateur de leurs parents et ancêtres. Ils sont aujourd’hui souvent devenus indifférents à l’Église et à ses vrais problèmes, comme aux problèmes spirituels de la société et à la Russie. L’exemple le plus frappant du contraire est Nikita Alexandrovitch Struve. Mais c’était le dernier pilier de l’émigration russe porteuse d’une mission culturelle, ecclésiale et nationale.

Bien sûr, il faut dire que leurs pères ont rassemblé et emporté de Russie les richesses de l’esprit russe, de la culture russe, de l’Église russe pour les préserver et les retourner multipliées. Et grâce à cet amour de l’Église russe, de la tradition orthodoxe russe, de la culture, de la terre et des Russes, ils ont non seulement répandu la foi orthodoxe en Europe et dans le monde, mais ont aussi fait que la philosophie religieuse et l’orthodoxie russes sont devenus un thème central et un centre théologique de la chrétienté. C’est l’Institut de théologie Saint-Serge de Paris, puis le séminaire Saint-Vladimir en Amérique. Bien qu’en Amérique se ne soit pas un exarchat, mais le résultat est identique.

Leurs pères ont rassemblé et emporté de Russie les richesses de l’esprit russe pour les préserver et les retourner multipliées


Aujourd’hui l’Archevêché est dissout et l’on propose à tous de rejoindre des diocèses grecs locaux justement parce que personne, à l’exception des Russes, n’a plus besoin de ces richesses spirituelles russes. La perte de leur identité propre, a pour de nombreux représentants de l’exarchat russe des conséquences très tristes. Si ce n’était une décision du synode de Constantinople on pourrait revenir en arrière. Mais, c’est clair, il y a derrière des forces politiques puissantes sont entrées en jeu.

On ne saurait assez remercier Constantinople d’avoir, en 1931, pris sous son giron les exilés de l’Église russe. Ce doit être la règle dans l’Église : aider les frères qui sont dans la peine. On comprend que les Grecs aient voulu garder ce « succulent gâteau », ils s’en sont saisi et spéculant, disons-le, sur ce grand malheur des Russes et de la Russie. Il aurait fallu renoncer à cette tentation. Mais maintenant que le malheur est passé, ils auraient dû dire : nous vous avons protégés, reprenez votre bien. Que les gens choisissent, eux-mêmes ou par paroisses entières, où ils vont aller. Mais il fallait rendre à la Russie ces biens que seuls les Russes peuvent s’approprier, garder, élaborer et reverser au compte de l’orthodoxie mondiale, de la chrétienté tout entière.

Les structures ecclésiales du patriarcat de Moscou ont très souvent suivi les volontés du pouvoir.


C’est ce qu’auraient dû faire les Grecs, mais ils ont été plus nationalistes étroits et égoïstes, malades de ce qui décime le monde. Je pense avant tout à l’ethnophylétisme, la soif de pouvoir et l’indifférence à l’unité des Églises dans la paix. Parce que quand on se considère le centre du monde, il n’y a rien de bon à en attendre. Aujourd’hui on entend dire que Constantinople fait n’importe quoi. Ce n’est pas tout à fait ça. On voit très bien ce qu’ils font et dans quels intérêts politiques, immobiliers et nationalistes ; ils sont foncièrement antirusses c’est ce qui les guide.

Et puis Moscou, ce n’est plus la Russie, c’est la Fédération de Russie. Il n’y a pas que l’URSS qui n’est pas la Russie, la Fédération de Russie n’est pas non plus la Russie. Et, bien sûr, les structures ecclésiales du patriarcat de Moscou ont très souvent suivi les volontés du pouvoir : les intérêts de l’État étaient supérieurs à ceux de l’Église. C’était évident pour eux, souvent ils ne comprenaient pas ce qu’il fallait faire. C’est pourquoi l’exarchat sentait que, dans sa situation d’alors, l’Église orthodoxe russe était, si l’on peut dire, « une Église rouge ». C’est ainsi que certains la dénommaient, c’est ainsi que, parfois, elle se comportait. Bien sûr, tout ça, chez les Grecs comme chez les représentants de l’Église orthodoxe russe, était lié à des intérêts financiers, et politiques. Et malheureusement, bien peu au souci du peuple, au retour de ses valeurs spirituelles et culturelles. Les retourner était indispensable pas seulement parce qu’elles appartenaient de droit à la Russie, mais aussi parce que, je le répète, seuls les Russes pouvaient comprendre cet héritage, en connaître la valeur et le conserver. Il fallait un espace particulier pour la littérature russe, la peinture, la théologie russe, la pensée philosophique religieuse, l’imprégnation dans la vie des saints de l’Église russe. Tout cela ne peut se sauvegarder et se développer, c’est-à-dire vivre, n’importe où.

La révélation de l’amour de Dieu transmise par l’Église orthodoxe russe et la culture appartient au monde entier

Une partie de notre héritage est malgré tout revenue en Russie, là encore nous devons en être reconnaissants à Nikita Struve et à compagnons et collaborateurs qui ont créé à Moscou la Maison Alexandre Soljenitsyne de l’émigration russe. Mais ce n’est qu’une petite partie de ce qui est conservé en France et dans d’autres pays, qui est une partie de l’histoire russe, d’un destin si tragique, si important pour tous. Le grand héritage spirituel de l’émigration russe ne pouvait naître sans ces souffrances, sans ces terribles fractures. Mais puisque les gens les ont surmontées et transformées en révélation de la volonté divine, en amour de Dieu, en vérité et en liberté, nous devons en reconnaître le prix et comprendre que cela appartient, en réalité, au monde entier. Mais comment faire pour que cela ne disparaisse pas ? Que puissent revenir et se trouver un asile sur notre terre ces émigrés qui se souviennent de leurs racines et ne veulent ni les trahir, ni les oublier. Pour que soient conservées les églises construites par des Russes, avec des moyens russes. Comment faire pour que ce soit juste et selon la grâce de Dieu.

Bien sûr, quand feu le patriarche Alexis II a proposé de réunir l’Église orthodoxe russe et l’Exarchat d’Europe occidentale, cette proposition n’était pas accompagnée d’attitudes normales vis-à-vis des personnes et des paroisses. Il ne fallait pas forcer, pas ser outre « les lois de vérité et de la conscience », comme l’a dit en son temps Nikita Struve.

Le patriarcat de Moscou aurait dû reconnaître les saints canonisés par l’Exarchat, ce qui pourrait être fait aujourd’hui. Alors il aurait été possible de ne pas perdre l’autorité morale du patriarcat et de l’Église orthodoxe russe en Europe, alors les gens se seraient unis, mais maintenant ils craignent qu’on leur impose des règles de gouvernement indignes, que l’on va disposer sans égards de leurs biens immobiliers, de l’héritage des ces paroisses, monastères, diocèses et des croyants. Tous ont en mémoire l’exemple du diocèse de Sourozh où il y a tout simplement eu un schisme et pratiquement une confiscation. On pourrait ajouter d’autres exemples, pourtant l’Exarchat aurait pu s’entendre avec l’Église orthodoxe russe, comme, par exemple, l’a fait l’Église karlovtsienne (l’Église orthodoxe russe hors frontières) qui a gardé son autonomie, sa hiérarchie et ses biens propres.

Jamais aucune Église nulle part n’a témoigné avec une telle force de son orthodoxie

Quelle est aujourd’hui la situation ? Maintenant il faut attendre ce que dira l’Archevêché : accepte-t-il la décision de Constantinople ou cherchera-t-il une possibilité de survivre de façon autonome ? Ce serait une demi-mesure qui ne règlerait pas pour autant le problème. Il faut prier avec ferveur pour que le Seigneur permette de conserver quelque chose de l’essentiel de ce passé et de ce présent qui soit digne du futur

L’orthodoxie occidentale est avant tout un héritage de l’émigration russe, de cette meilleure partie de la Russie qui a survécu à de tragiques conditions où beaucoup sont morts et ceux qui ont survécu et sont restés en URSS ont malheureusement été décimés.

Aussi le témoignage orthodoxe de l’émigration russe est le plus fort. Aucune autre Église, ni en Amérique, ni en Europe n’a, nulle part et avec tant de force, témoigné de son orthodoxie.

C’est pourquoi cet héritage nous est cher, non pas pour posséder, posséder, posséder, mais pour ne pas perdre les dons de Dieu, les dons de l’Église orthodoxe russe et du peuple russe si nécessaires au monde entier.

SOURCE Traduction pour PO
Ликвидация Архиепископии: что будет с наследием русского православия?

Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 22 Novembre 2019 à 10:59 | 8 commentaires | Permalien

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